/finance/homepage

Les transporteurs à rabais font grossir la CSeries

TVA Nouvelles

Le fabricant Bombardier gonfle le plus gros appareil de sa CSeries afin de plaire aux transporteurs à rabais et il confirme que le vol inaugural reste au calendrier pour juin.

L'entreprise montréalaise fait savoir que l'avion CS300 pourra accueillir jusqu'à 160 passagers. Avec cette option de 15 sièges, elle s'attaque au créneau des Boeing 737 et des Airbus de petite capacité.

Pourquoi ?

«Les transporteurs à bas prix veulent ajouter de la capacité et réduire leurs dépenses d'exploitation, souligne Robert Dewar, responsable du programme. C'est le même phénomène [qui se produit] dans le créneau des avions à 150 sièges.»

C'est la demande qui le justifie, confirme Philippe Cauchi, président de la firme de consultation Infoaero. «On a une augmentation de capacité des avions en général. Au lieu de tourner autour de 150 places [dans le créneau de la CSeries], on se rend vers les 180 sièges. Ça peut ouvrir des marchés.»

Bombardier affirme aussi que les délais sont respectés. L'entrée officielle en service aura lieu en 2014, soit un an après le vol inaugural. L'assemblage de 15 avions est prévu pour l'an prochain. La cadence montera par la suite à 20 ou 30 par année. Environ 3000 employés seront sur les lignes.

En attente pour les ventes

Il reste encore au fabricant à atteindre la cible pour le nombre de commandes fermes, qui doit s'élever à 300 appareils en 2014. À l'heure actuelle, 382 avions (dont 180 fermes) sont dans le carnet. Le nombre de clients s'élève à 14. AirBaltic est le plus récent et il a choisi des appareils à 148 places.

«Nous sommes satisfaits avec le nombre de clients, avec leur diversité et avec leur répartition géographique, dit Mike Arcamone. Quand je regarde où nous sommes rendus, je suis confiant que nous nous rendrons à la cible de 300 avions et de 20 clients.»

«C'est leur credo depuis plus d'un an que les ventes s'accéléreront à mesure que le rendement de l'avion se confirmera, estime Philippe Cauchi. Ça peut se concrétiser, mais je ne crois pas que c'est un argument en béton. L'augmentation de capacité pourrait les aider davantage.»

M. Cauchi a l'impression que Bombardier sera prête pour le lancement en 2014, mais un délai ne serait pas catastrophique. «Il y en a d'autres qui ont fait pire !»

Les représentants de Bombardier se disent capables de livrer la marchandise. «Je dors bien. C'est bon signe», lance Robert Dewar.

«Je ne suis pas rendu au même point que Rob, mais je n'ai pas de sueurs froides, ajoute Mike Arcamone. Lancer un nouvel avion est un grand défi et nous essayons de minimiser les éléments de surprise».

Il ne devrait pas y en avoir du côté des batteries car le lithium-ion, qui cause des ennuis à Boeing et Airbus, a été évité.

«Nous n'avons pas pris ces batteries parce que nous avons trouvé que la technologie n'était pas faite pour nos avions, lance M. Dewar. Nous avons pris la décision de prendre des batteries plus conventionnelles.»