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L'association étudiante veut lancer son propre café

Jean Houle

L'association étudiante du Cégep de Jonquière aimerait profiter de la fin imminente du contrat du traiteur Aramark pour lancer son propre café étudiant. Elle a appelé à un boycott d'un jour de la cafétéria du Cégep mardi.

Le contrat de cinq ans de la firme Aramark, qui gère les quatre points de services alimentaires du cégep, vient à échéance en août prochain. L'association étudiante souhaite que sa clause d'exclusivité soit abandonnée, pour lui permettre d'aménager un café étudiant aux produits bioéquitables et à meilleur coût.

«Nous pensons que ce serait une opportunité intéressante, a avancé le président de l'Association, Antoine Rail. L'idée n'est pas de faire de l'argent, mais d'offrir une alternative aux étudiants.»

L'association n'a pas attendu la fin des négociations entre le cégep et la firme. Comme moyen d'action, elle a lancé une pétition et offert gratuitement salades, sandwiches et muffins le midi. Résultat, dès 11h30, il y avait une file devant le café chez Ginette, le seul point de service alimentaire géré par les étudiants.

«Un peu de concurrence serait bon pour les étudiants», a soutenu Olivier Mercier, un des chanceux parmi la centaine d'étudiants ayant bénéficié d'un repas gratuit. «Si Aramark a de la compétition, elle devra investir pour améliorer la qualité de ses produits», a renchéri Steven Mercier.

D'autres étudiants ont préféré dîner à la cafétéria, certains parce qu'ils devaient absolument dîner avant 11h30.

Des étudiants estiment que les coûts demandés par Aramark sont élevés.

«Pour ma demi-pizza et mon spaghetti, ça m'a coûté 7,50$, a déploré une étudiante. Pour quelqu'un qui vit en appartement, c'est cher.»

La direction du cégep avait informé l'association étudiante qu'Aramark montrait une ouverture pour assouplir sa clause d'exclusivité, et a toléré le boycott de mardi.

«Les étudiants profitent tout de même du contrat avec cette entreprise, a observé le directeur des services aux étudiants Pierre Dufour. Aramark nous retourne une somme d'argent qui est réinvestie dans les services aux étudiants.»

«Nous ne le voyons pas, a répliqué Antoine Rail. Et puis, il n'y a presque pas d'étudiants qui sont employés par cette compagnie.»

Dès midi quinze, il ne restait que quelques muffins à offrir. De quoi encourager l'association, qui, si elle obtenait l'autorisation de démarrer son café, devra se soumettre aux règles du MAPAQ.

«On ne peut pas servir de la nourriture sur le coin d'une table, a prévenu Pierre Dufour. Le MAPAQ a ses normes et ses inspecteurs vérifient leur respect.»

«Si notre projet ses développe, on espère que la direction coopère avec nous», a indiqué le président de l'Association des étudiants.

Aramark doit savoir d'ici la mi-avril si son contrat sera renouvelé, sans quoi il y aura un appel d'offres. L'entreprise n'a pu être rejointe pour commenter.