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Québec entend développer son expertise dans le logiciel libre

Louis Gagné

Alors que des rumeurs laissent entendre qu'il va accorder le contrat de mise à niveau de ses ordinateurs à Microsoft, et ce, sans appel d'offres, le gouvernement Marois a l'intention de développer son expertise dans le domaine du logiciel libre.

Le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, a dévoilé mardi une série de mesures visant à acquérir une expertise de pointe dans ce type de logiciel et à intensifier son utilisation au sein des ministères et organismes publics.

«Le gouvernement croit fermement aux avantages du logiciel libre, a dit M. Bédard par communiqué. [Il] représente à la fois une option incontournable pour les organismes publics et une occasion d'affaires pour plusieurs entreprises. En somme, c'est payant pour le Québec.»

Parmi les mesures annoncées, le gouvernement va créer un Centre d'expertise en logiciel libre (CELL) qui «aura pour mandat de développer une expertise de pointe afin d'accompagner les organismes publics dans le développement de solutions basées sur des logiciels libres». Le CELL entrera en fonction le 1er avril prochain.

Québec entend également mettre à contribution les ministères et organismes qui ont déjà mis en place des initiatives utilisant des solutions en logiciel libre.

Un «écran de fumée», dit la CAQ

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de finances, Christian Dubé, n'a pas semblé impressionné par le plan du gouvernement.

«M. Bédard est en train de faire selon moi un autre recul sur un élément important et je pense qu'il est encore une fois en train de s'attacher les mains avec les grands fournisseurs informatiques», a déclaré le député de Lévis.

Il soupçonne le gouvernement péquiste de vouloir reconduire le décret adopté par les libéraux en 2011, qui permet aux ministères et organismes publics d'octroyer des contrats informatiques sans appel d'offres. Le décret, qui arrive à échéance le 31 mars, est vu par plusieurs comme un moyen de contourner le logiciel libre.

La CAQ estime à 1,4 milliard $ ce qu'il en coûtera pour mettre à niveau les logiciels «propriétaires» sur les postes de travail du gouvernement.

«Ce n'est pas l'annonce de ce matin qui est important, c'est ce qui n'est pas dans l'annonce, a souligné M. Dubé. Si l'annonce de ce matin dit une chose et que dans les prochaines semaines on dépense encore 1,4 milliard de dollars de façon mur à mur dans tous les ministères et organismes du gouvernement, bien l'annonce que vous avez eue ce matin, ce n'est qu'un écran de fumée.»

Sans avancer de chiffres, la CAQ aimerait qu'une part substantielle de cette enveloppe de 1,4 milliard aille à l'implantation de logiciels libres.

Le gouvernement Marois a nié mardi son intention d'accorder à Microsoft un contrat de gré à gré pour mettre à niveau les centaines de milliers d'ordinateurs au sein de l'appareil d'État.

«Aucune décision n'a été prise en ce sens, a dit l'attachée de presse du ministre Bédard. Ce ne sont que des spéculations.» Elle a ajouté qu'une décision serait prise prochainement, sans toutefois préciser le moment où une annonce sera faite.