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L’industrie touristique bat de l’aile

TVA Nouvelles

 

Tandis que les recettes mondiales du tourisme continuent de croître, atteignant le record de 1000 milliards de dollars en 2011, les parts de marché du Canada ne cessent de diminuer. Et le Québec est particulièrement perdant.

Le nerf de la guerre : le transport par avion. Les arrivées internationales ont augmenté de 4,6 % en 2011 alors qu’au Canada, elles ont plutôt diminué de 0,8 %.

« À Montréal, il y a une absence de liens aériens directs avec des destinations qui, sur le plan de croissance des vols, seront en forte croissance cours des dix prochaines années : plusieurs pays d’Amérique du Sud, de l’Asie, la Silicon Valley en Californie et même Tel-Aviv », indique Michel Archambault, professeur associé à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal et président du Bureau des gouverneurs de la Chaire de tourisme Transat.

« Ces destinations correspondent en tous points aux piliers économiques de Montréal, ajoute l’universitaire. La Silicon Valley, c’est pour l’aérospatiale et le capital de risque. La Chine, le pharmaceutique, et Tel-Aviv la recherche en sciences de la vie. »

Pour ces destinations, les Québécois doivent donc transiter par les aéroports de Toronto, de Vancouver ou encore d’une ville américaine. En 2010, par exemple, 337 000 voyageurs ont traversé la frontière pour profiter des bas prix pour un départ des aéroports de Burlington ou de Plattsburgh. « Ce qui nuit à la croissance touristique du Québec et de Montréal en particulier », déplore Michel Archambault.

Le déclin canadien

Pour l'Association québécoise de l'industrie touristique (AQIT), « le pays continuera de perdre de son intérêt comme destination touristique mondiale s'il n'améliore pas sa compétitivité aérienne. »

« En ce moment, la compétitivité aérienne est un net frein à l’essor de notre industrie, affirme l’AQIT. Pour diverses raisons, le transport aérien coûte très cher au Canada et les passagers récoltent la facture. »

L’AQIT appuie ses prétentions sur une foule de constats et de données. Par exemple…

Le Canada accueillait 20 millions de visiteurs étrangers en 2002 et se classait septième parmi les destinations touristiques les plus populaires de la planète. En 2011, seulement 15,9 millions de visiteurs sont venus au pays, ce qui l’a fait dégringoler au 18e rang des destinations touristiques du globe.

Le déficit au compte des voyages internationaux du Canada s’élevait à 16,25 milliards de dollars en 2011, une hausse de 14 % comparativement à 2010.

Les loyers des aéroports, les taxes sur le carburant et les droits de sûreté font en sorte que les départs des aéroports canadiens coûtent environ 30 % de plus que les départs des États-Unis. De plus, ces frais augmentent de 160 $ le coût d’un voyage international au Canada comparativement à un voyage à destination des États-Unis.

Chaque année, près de cinq millions de Canadiens traversent la frontière pour voyager à partir d’un aéroport américain, malgré les coûts d’hébergement, de l’essence pour la voiture, les pertes de temps, etc.

L’AQIT organise mardi, en marge de son assemblée générale annuelle, un déjeuner-conférence sur « l’enjeu de l’accès aérien ». Invités : Maxim Armstrong, économiste sénior au Conference Board du Canada; Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada; George Petsikas, président du Conseil national des lignes aérienne du Canada; et Michel Archambault.