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Pas d'éoliennes à moins de 2 km des maisons

Patrice Laflamme

Aucune éolienne ne pourra se dresser à moins de 2 km d'une habitation et de 1 km d'une route dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, en Montérégie.

Le gouvernement québécois a officiellement donné son aval à la version modifiée du règlement de contrôle intérimaire (RCI) de la MRC du Haut-Saint-Laurent encadrant ces structures sur son territoire, que les maires ont adopté le 9 janvier.

Le ministre provincial des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT), Sylvain Gaudreault, a approuvé ce tout nouveau RCI dans une lettre datée du 13 mars.

«Le règlement respecte les orientations du gouvernement en matière d'aménagement. Par conséquent, en vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, il entrera en vigueur le jour où le présent avis vous sera signifié», a indiqué le ministre dans cette missive destinée au préfet de la MRC, Alain Castagner.

Sur le territoire du Haut-Saint-Laurent, cette toute nouvelle version du RCI fait porter à 2000 m (ou 2 km) de toute habitation et à 1000 m (ou 1 km) de tout chemin public la zone d'interdiction pour l'érection d'éoliennes.

La toute nouvelle mouture de ce RCI veut aussi protéger les champs agricoles cultivés, les zones inondables et les boisés de même que les voies cyclables de la présence d'éoliennes. Elle établit aussi à 1000 m la distance entre les éoliennes et le parc linéaire régional du Haut-Saint-Laurent et à 2 000 m celle les séparant du site Droulers/Tsiionhiakwatha de Saint-Anicet.

«Comme préfet, je suis bien content que le RCI ait finalement pu être accepté par le ministre», a indiqué le maire de Saint-Anicet et préfet de la MRC, Alain Castagner, en entrevue téléphonique.

M. Castagner a fait savoir que le ministre aurait été bien mal placé de ne pas endosser ce RCI modifié, car a-t-il dit, «le gouvernement avait endossé celui adopté par la MRC du Haut-Richelieu l'an dernier et qui nous a inspiré pour amender le nôtre.»

Le préfet insiste pour dire que les éventuels développeurs de parcs éoliens dans la région devront répondre aux nouvelles exigences de ce RCI renouvelé. «Le but du RCI n'est pas d'empêcher la construction d'éoliennes dans la MRC, mais d'établir des distances les plus raisonnables possible pour protéger les citoyens», a-t-il précisé.

Le groupe de résidants de Godmanchester opposés à la construction de dix éoliennes dans la municipalité a très bien accueilli cette décision du ministre Gaudreault. «Je suis très très heureuse pour l'ensemble des citoyens. C'est une très bonne nouvelle qui résulte du fait que les citoyens se sont sentis écoutés par nos dirigeants. La réponse du ministre nous satisfait grandement», a confié la porte-parole du groupe, Carole Trépanier.

Mme Trépanier s'est souvenue que dans une lettre transmise le 13 novembre au ministre Gaudreault, elle a voulu le sensibiliser à la mobilisation orchestrée par ces concitoyens qui s'opposent à une possible construction de dix éoliennes à Godmanchester. «Nous souhaitions convaincre le gouvernement d'être protégés de la venue d'éoliennes chez nous pour la santé de chacun de nous. Nous avons voulu lui démontrer que la venue d'éoliennes à Godmanchester aurait des impacts néfastes sur la beauté du paysage et sur la valeur des propriétés», a-t-elle fait savoir.

Mme Trépanier a aussi rappelé que 570 personnes ont jusqu'à maintenant signé la pétition lancée depuis quelques semaines dans la région pour contre l'implantation d'un parc éolien à Godmanchester. «Il n'y avait pas d'acceptabilité sociale à l'égard de ce projet. Les citoyens nous ont appuyés dans nos démarches, parce que nous les avons informés», a-t-elle dit.

Mme Trépanier s'est dite rassurée de voir que l'ensemble des élus municipaux du Haut-Saint-Laurent ont pris conscience des «dangers pour la santé que peuvent représenter les éoliennes».

Le président de Troc International, Jean-Claude Desgroseillers, s'est dit pour sa part déçu de l'acceptation du nouveau RCI par le ministre, ajoutant qu'une telle décision aura possiblement pour effet de bloquer tout projet futur de construction d'éoliennes dans la MRC.
Avec cette nouvelle version du RCI, le préfet de la MRC s'est demandé s'il reste encore des portions de territoires dans le Haut-Saint-Laurent où il sera possible d'établir éventuellement des éoliennes. «S'il en reste encore, il ne doit plus en avoir gros», a-t-il lancé.