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Des œuvres d'art pour contrer la morosité économique

Emmanuel Delacour

Afin de diminuer le nombre de vitrines vides sur la «Main», la Société de développement du boulevard Saint-Laurent (SDBSL) expose dans les boutiques vacantes des œuvres d'artistes du coin.

L'initiative devrait aider à revitaliser l'artère, selon Glenn Castanheira, directeur général de la SDBSL. «Plus il y a de locaux vacants, moins les commerçants sont tentés de louer sur le boulevard. Ça va permettre de créer de l'animation, tout en faisant la promotion d'artistes locaux.»

L'idée ne fait toutefois par l'unanimité selon lui. «Pour l'instant, on le fait dans deux commerces et on le fera dans une demi-douzaine de vitrines dans les mois à venir, mais c'est difficile de convaincre les propriétaires, a souligné le directeur de la SDBSL. C'est de la simple réticence au changement. Certains commerçants préfèrent ne rien faire, plutôt que de tenter quelque chose de nouveau, mais on essaye de changer ça.»

Financement

Ce premier projet pour l'année 2013 est possible à la suite d'une annonce de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, où se trouve l'artère, concernant une hausse importante du financement octroyé aux sociétés de développement commercial (SDC).

L'argent recueilli grâce à l'augmentation du nombre des parcomètres dans le secteur et l'augmentation de leur tarif à permis d'injecter près d'un million de dollars dans les coffres des SDC du secteur. Le cabinet du maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a diffusé un communiqué pour souligner la «révolution dans le financement des associations commerciales».

Cependant, M. Castanheira ne partage pas l'élan de joie du maire Ferrandez. «Nous apprécions le fait que le financement des SDC par l'arrondissement a augmenté, mais il faut reconnaître que ce n'est pas tant spectaculaire considérant qu'avant il était plutôt restreint, a insisté M. Castanheira. Rappelons que la SDBSL a investi près de sept millions de dollars dans la revitalisation de l'artère lors des 12 dernières années.»

Le directeur général de la SDBSL souligne qu'une importante portion de son organisme est financée par ses membres. «Dans un monde idéal, l'arrondissement financerait la SDBSL à montant égal avec ce que déboursent nos membres, dollar pour dollar», a-t-il dit.