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BDEQ : une bataille de structures en vue ?

TVA Nouvelles

Agence QMI

 

La majorité du milieu économique et municipal applaudit à l’annonce de la création de la Banque de développement économique du Québec (BDEQ). Par contre, avant de voir l’argent arriver dans les entreprises québécoises, il faudra probablement assister à une guerre de structures entre les diverses organisations appelées à dorénavant travailler ensemble.

Premier obstacle : pendant que les 120 Centres locaux de développement (CLD) raffinent un plan sur l’économie et l’emploi de leur territoire, les Conférences régionales des élus (CRÉ) ont reçu du Ministère des Affaires municipales, des régions et de l’occupation du territoire (MAMROT) le mandat de réaliser une planification stratégique régionale.

Ceci sans parler des Tables de concertation Québec/Régions et autres planifications régionales en cours.

«On perçoit que la Banque va se servir des plans d’action des CLD pour établir la stratégie régionale du territoire», selon Suzie Loubier, directrice générale de l’Association des CLD du Québec.

Non incluses dans la structure de la BDEQ annoncée par la ministre Elaine Zakaïb, les Conférences régionales des élus (CRÉ) entendent demeurer au cœur du développement économique de leur territoire. «Les CRÉ sont incontournables, ça m’apparaît logique», a martelé Jean Therrien,  directeur économie et savoir à la CRÉ de Montréal.

En région éloignée, comme sur la Côte-Nord, les élus travaillent déjà en concertation avec les fonctionnaires régionaux et locaux. «Nous avons créé Innovation et Développement Manicouagan, il y a aussi Développement économique Sept-Îles. Nous voyons la BDEQ comme un nouveau partenaire qui ne viendra pas changer notre façon de faire», a renchéri Patrick Frigon, conseiller aux affaires publiques de la CRÉ de la Côte-Nord.

Deuxième obstacle : harmoniser les cultures

Avec la cohabitation des professionnels en provenance d’IQ, de la SGF, de Développement économique Québec, Ressources Québec et de Capital Émergence Québec, la BDEQ devra rapidement aligner tout le monde sur la même longueur d'onde.

Une harmonisation des conventions collectives des fonctionnaires appelés à travailler au sein de la BDEQ sera également nécessaire. La fusion des employés de la SGF à Investissement Québec en avril 2011 n’a pas été complétée.et crée ainsi deux paliers de salaires pour la même tâche. En ajouter d’autres sans négocier une nouvelle convention collective apparaît risqué.

«On espère que le gouvernement aura le souci d’une bonne intégration des professionnels au sein des équipes. Il faudrait conserver que tous soient couverts par la Loi sur la fonction publique.

C’est une garantie de leur indépendance et de leur devoir de privilégier l’intérêt collectif», a déclaré Richard Perron, président du SPGQ.

Troisième obstacle : trop de joueurs

Le Québec est considéré comme le champion canadien de l’aide aux entreprises avec 134 programmes. L’État consacre en moyenne 3,6 milliards $ par an pour soutenir les entreprises de la province. La création de la BDEQ ne devrait pas venir jouer dans les plates-bandes de Teralys Capital ou encore de Réseau Capital Québec.

«Nous allons analyser en profondeur le projet de Loi pour éviter qu’il ne crée de dédoublement avec le privé», a souligné Jack Chardirdjian, président directeur général de Réseau Capital.

Enfin, dernier obstacle majeur : d’où proviendront les 500 millions $ annuellement prévus pour la BDEQ? On se rappellera qu’Investissement Québec a accueilli une SGF déficitaire d’un milliard de dollars sur dix ans et qu’elle-même a généré moins de 500 millions $ de profits sur la même période.

 

 

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