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Un premier «cafés en attente» à Montréal

Marie-Pier Gagné

En plus de leur propre repas, les Montréalais pourront désormais prépayer un café, une soupe ou un sandwich pour l'offrir à toute personne démunie de la métropole.

Ô deux sœurs, ce petit restaurant de l'arrondissement Rosemont-Petite-Patrie, est devenu, lundi, le premier établissement à Montréal à prendre part au mouvement des «cafés en attente».

Pour Julie Gilbert, propriétaire du restaurant, il s'agit là d'un geste d'altruisme. «Cette version alimentaire, un peu basée sur le système du "donnez au suivant" n'est pas un geste de charité, mais bien de solidarité», explique-t-elle.

En ce premier matin de mise en place du concept, aucun «client» n'avait encore fait son apparition. Mais pour Mme Gilbert, «le mot n'a tout simplement pas encore eu le temps de se répandre.» Le bouche-à-oreille aidant, elle est toutefois persuadée que le mouvement, né à Naples en Italie, prendra son envol rapidement. Pour l'instant, des affiches ont été placées dans le restaurant et la propriétaire diffuse la bonne nouvelle à sa clientèle.

Les personnes intéressées à prendre part au mouvement et à poser un geste solidaire peuvent pour l'instant prépayer un café, une soupe ou un sandwich à un démuni. Si succès il y a, Mme Gilbert compte ajouter des mets préparés et des produits d'épicerie biologiques.

Le commerce de Julie Gilbert est le deuxième au Québec à se joindre au mouvement. Le Tam Tam café, situé à Québec, a été le premier à le faire, en avril dernier. Sur Facebook, les gens étaient visiblement heureux de l'arrivée des cafés en attente à Montréal. «C'est vraiment génial! J'y adhère et j'espère que plusieurs le feront», a écrit, notamment Lynda Kara.

Le cœur sur la main

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Julie Gilbert a toujours aimé aider les autres. «Depuis quelque temps, il y a un monsieur qui vient au restaurant tous les jours et j'adore m'en occuper, explique-t-elle. Je lui sers souvent une soupe ou un café et dernièrement, on lui a même fourni un manteau.»

Pour la propriétaire, le principe des cafés en attente ne viendra que rendre plus habituelle une aide qu'elle qualifie de nécessaire dans les grandes villes comme Montréal. «Il y a tellement de gens qui en ont besoin, affirme-t-elle. Si ça peut les réconforter ne serait-ce qu'un petit peu, on pourra dire mission accomplie.»

Les employés du commerce, situé au coin du boulevard Rosemont et de la rue St-Hubert, ont déjà pensé à des alternatives en cas d'une trop grande affluence due aux cafés en attente. «Si on voit qu'on reçoit trop de gens, on fera des boîtes à lunch pour emporter et les gens dans le besoin pourront aller les manger dans le parc, juste en face du restaurant.»