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Hydro-Québec : importante baisse des revenus d’exportation

TVA Nouvelles

Agence QMI

 

Hydro-Québec n’a jamais vendu autant d’énergie. Pourtant, la société d’État peine à maintenir ses revenus. En fait, sur le marché des ventes à court terme des États-Unis, elle n’a jamais vendu son électricité à des prix aussi bas depuis les 15 dernières années.

Hydro-Québec vend dix fois plus d’énergie qu’en 1997. C’est du jamais vu. Pourtant, après des prix de 9 cents le kilowattheure (kWh) en 2005 et de 8 cents le kWh en 2008, on ne vend plus qu’au prix de 1997, soit 3 cents le kWh.

En comparaison, si Hydro-Québec vendait aujourd’hui son énergie au même prix qu’en 2008, ses revenus sur le marché court terme auraient été de 1,6 milliard $ pour l’année 2012, tandis qu’ils n’ont été que de 650 millions $, soit un milliard de dollars de moins.

«La bulle spéculative de l’exportation n’aura duré que cinq ans, a expliqué Jean-Marc Pelletier, consultant en énergie. Depuis ce temps, le marché de l’exportation est en train de s’effondrer au niveau de l’exportation des prix de l’électricité.»

La bête noire d’Hydro-Québec, ce sont les gisements de gaz de schiste qui se sont multipliés aux États-Unis. En une décennie, c’est plus de 9000 nouveaux mégawatts de puissance qui sont arrivés sur le marché de l’État de New York grâce aux centrales électriques fonctionnant au gaz. C’est presque trois fois la capacité des sept centrales Eastmain, Péribonka, et de la Romaine construites par Hydro-Québec pour les marchés d’exportation.

Selon M. Pelletier, les dirigeants en poste à Hydro-Québec depuis 1996 et venant du milieu du gaz naturel auraient dû prévoir cette future compétition. En réaction à un marché d’exportations visiblement en baisse, ils auraient dû construire en fonction de la nouvelle réalité plutôt que de se lancer dans des projets hydroélectriques conçus pour l’exportation.