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L'Irlande prisée par Apple… et les sociétés canadiennes

TVA Nouvelles

Accusée d'avoir sauvé de l'impôt sur 44 G$ US avec ses filiales étrangères, Apple est sous la loupe pour le recours à une unité d'affaires en Irlande. Ce pays reste attrayant pour investir, ce qui ne passe pas inaperçu au Canada.

L'Irlande a reçu 234 M$ d'investissement direct canadien en 2011, selon les données compilées par Statistique Canada et le Fonds monétaire international (FMI). Selon les autorités irlandaises, 18 sociétés d'ici sont présentes sur ce territoire.

Le prêteur Exportation et Développement Canada (EDC) indique de son côté avoir donné un coup de main à 136 entreprises canadiennes avec leurs plans d'affaires là-bas.

L'investissement étranger est non négligeable: 1004 entreprises fournissent 146 000 emplois à l'Irlande. Les secteurs prisés sont la fabrication, la technologie, la finance et les pharmaceutiques. De provenance canadienne, Bombardier, CAE, le Groupe CGI, les banques ainsi que BlackBerry Inc y sont présentes.

Ces investisseurs bénéficient de l'impôt des sociétés qui se limite à 12,5%, ce qui descend à 10% pour les fabricants.

«C'est clairement un facteur mais pas la seule raison d'attirer des entreprises étrangères, affirme Cormac Monaghan, président de la Chambre de commerce Irlande - Canada à Toronto. Il y a l'accès à un bassin d'employés jeunes, éduqués et affamés.»

La valeur recueillie en Irlande s'est de plus améliorée en raison de la crise financière, souligne-t-il. «L'économie a considérablement ralenti et les coûts de location d'espace ont reculé. Tout connaissait une forte inflation mais la situation est redevenue normale.»

Le cas de Bombardier

Une grappe aéronautique est bien enracinée en territoire irlandais, comme en témoigne la présence d'une usine et de 5000 employés de Bombardier à Belfast.

L'avionneur y fabrique des pièces composites comme des ailes, fuselages et nacelles. Les gammes CSeries, CRJ, Challenger et Learjet sont desservies. L'entreprise fournit aussi des composantes pour des acteurs comme Airbus, General Electric et Rolls-Royce.

Le secteur de la finance est aussi important, soutient Cormac Monaghan. «L'assureur Great-West a acheté l'Irish Life Group [pour 1,75 G$] en début d'année. Fairfax fait partie d'un consortium qui a acheté une part de Bank of Ireland, la plus grande institution financière du pays. La plupart des grandes banques canadiennes sont présentes dans les services financiers à Dublin.»

Un forum sera tenu plus tard cette année, dans cette même ville, afin de renforcer les liens entre les deux pays.

Il faut encore convaincre les Québécois de s'intéresser à ce pays, indique Vivian Doyle-Kelly, qui préside la Chambre de commerce Irlande - Canada à Montréal. «Le style de vie attire les employés des entreprises. Vous devez y aller pour le voir. L'approche quant à la vie est très semblable. Il est aussi facile de s'y intégrer.»

En attendant, l'actualité porte sur le but recherché par les multinationales en Irlande, soit de minimiser l'impôt payé.

Apple n'est toutefois pas seule à faire de tels choix. «Des compagnies gigantesques comme Google [NDLR: Microsoft, Intel, Dell et d'autres] sont aussi localisées en Irlande», fait savoir Vivian Doyle-Kelly.

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