/finance/homepage

Mark Carney lance un dernier avertissement en partant

TVA Nouvelles

Avant d'aller diriger la Banque d'Angleterre le 1er juin, Mark Carney lance des avertissements dans son dernier discours à titre de gouverneur de la Banque du Canada.

Mardi, M. Carney a souligné devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain que le Canada s'est bien tiré de la crise financière. Il a toutefois passé des commentaires durs sur un risque de stagnation.

«L'Europe demeure en récession, dit M. Carney, l'activité économique étant bridée par l'austérité budgétaire, le bas niveau de la confiance et les conditions de crédit restrictives. Son système financier demeure aux prises avec d'immenses défis. Sans des réformes importantes et soutenues, c'est une décennie de stagnation qui menace ce continent».

Le Vieux Continent a besoin d'agilité, ajoute-t-il. «Par rapport à ceux de l'étranger, le marché canadien du travail est très flexible. Selon certaines estimations, il est presque quatre fois plus flexible que celui de l'Europe».

Mark Carney tentera de sortir la Grande-Bretagne du marasme. Le pays peine à se remettre de la crise financière malgré une politique d'assouplissement quantitatif qui a mené à l'impression de 375 milliards de livres (588 G$).

Le banquier central sera le mieux payé, avec un salaire de 480 000 livres anglaises (750 000 $). Il bénéficiera d'une allocation de logement de 250 000 livres (390 000 $). Comparativement, Ben Bernanke gagne 200 000 $ aux États-Unis. Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a reçu 493 000 $ l'an dernier.

Nommé le 1er février 2008 à la tête de la Banque du Canada, M. Carney s'est toutefois bâti une solide réputation.

Lors de la crise financière, il a inondé le marché de liquidités et promis de maintenir les taux d'intérêt bas. Ces deux mesures ont stabilisé le système.

En octobre 2010, il servait un avertissement au public, à l'idée qu'une bulle immobilière risquait d'éclater. Cela a poussé le gouvernement fédéral à resserrer l'accès aux prêts hypothécaires.

«Nous avons été chanceux de l'avoir pendant cette période, estime Clément Gignac, économiste en chef de l'assureur Industrielle Alliance. Il connaît très bien le système […] et il a été capable de pousser dans le coin les institutions financières pour qu'elles se capitalisent davantage».

M. Gignac reconnaît toutefois que M. Carney a souvent menacé de hausser les taux d'intérêt sans le faire. «Quand il voulait les monter, la crise américaine est arrivée dans le décor. Nous n'avons pas les mêmes hypothèques exotiques qu'eux, mais tout le monde disait que l'immobilier était surévalué, ce qui est un facteur de risque pour son successeur.»

Le 1er juin, M. Carney cédera son siège à Stephen Poloz, qui était jusqu’alors président du prêteur Exportation et développement Canada (EDC).

Âgé de 48 ans et natif des Territoires du Nord-Ouest, le gouverneur sortant est diplômé en économie à Harvard et Oxford. Il est actuellement président du Conseil de stabilité financière. Il a passé 13 années à la banque d'affaires new-yorkaise Goldman Sachs, étant impliqué dans la crise financière russe de 1998 et l'entrée de l'Afrique du Sud sur le marché obligataire.