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Une dame âgée se casse les deux jambes à l'hôpital

TVA Nouvelles

Des membres d'une famille de Montréal menacent de poursuivre l'Hôpital Fleury parce que leur mère de 84 ans n'a pas reçu les soins requis après s'être fracturée les deux jambes aux soins intensifs. On leur a même caché l'accident

Jean-Yves Moreau déplore la façon dont sa mère de 84 ans, atteinte d'Alzheimer et de sclérose en plaques, a été traitée à l'Hôpital Fleury. Huguette Brunet, qui demeure au centre d'hébergement Laurendeau, est transportée aux soins intensifs le 12 novembre 2012. Elle a une infection et des problèmes de tension artérielle.

Mais le drame survient dit son fils lors d'une première manipulation «Le préposé a demandé si elle marchait, elle a dit oui. Il l'a levée tout seul, mais... elle a glissé, et elle a eu les deux genoux fracturés, puis une partie du fémur.»

Son dossier transmis à l'hôpital par le CHSLD indiquait pourtant son risque de chute. «Elle nous l'a dit qu'elle souffrait. Quand elle a eu ça, à tous les jours elle nous disait: j'ai mal aux jambes, j'ai mal aux jambes.»

Une semaine sans médication avec deux fractures

Pendant une semaine, madame Brunet souffre et ne reçoit aucune médication pour atténuer sa douleur. La famille réclame des radiographies. Son médecin refuse.

Et ce n'est pas la seule anomalie dans ce dossier nous relate Jean-Yves Moreau :«Ils nous l'ont pas dit. Il n'y a pas eu de rapport d'incident non plus. Le rapport d'incident a été fait un mois et demi après.»

Il a dû s'adresser au commissaire aux plaintes pour connaître la vérité. Le rapport est accablant. Le médecin ne peut expliquer pourquoi il n'a pas donné suite aux demandes de la famille de procéder à des examens radiologiques. Une infirmière affirme ne pas avoir déclaré l'accident parce que, selon elle, il s'agissait d'une «presque chute», pas d'une chute.

«Ils étaient supposés être trois à avoir vu ça, et il y a eu comme un genre de protection entre eux.»

Étant donné sa condition de santé, madame Brunet n'a pas pu être opérée. Ses jambes ont été immobilisées. Elle est retournée dans son CHSLD et y a perdu l'autonomie qui lui restait.

Le spécialiste en droit de la santé, l'avocat Jean-Pierre Ménard n'ose pas imaginer le pire :«Imaginez le cas ou la personne aurait été toute seule. On n'aurait jamais découvert ça, elle aurait souffert, et dans quelles conditions?»

La famille menace de poursuivre l'hôpital, qui se refuse à tout commentaire. Il y a deux ans, son père a été opéré dans ce même hôpital pour deux fractures aux hanches. Pour atténuer sa souffrance après l'intervention, un médecin lui a prescrit du Tylénol.

«Savez-vous comment ils l'ont renvoyée au CHSLD? Dans une chaise roulante, en transport adapté, au lieu de l'envoyer en ambulance couchée. J'accuse certaines personnes qui sont juste là pour toucher un chèque de paye, sans se préoccuper du bien-être des personnes âgées. Si elle n'avait pas cet âge-là, ils n'auraient pas pris les mêmes mesures.»