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Hydro-Québec veut y construire un centre de données

TVA Nouvelles

Québec s'apprête à donner le feu vert à la construction d'un premier centre de données d'Hydro-Québec dans un boisé, ce qui modifierait grandement les milieux humides et les arbres matures du secteur situé justement dans la circonscription du ministre du Développement durable et de l'Environnement Yves-François Blanchet, à Drummondville, a appris notre bureau d'enquête.

Sur le site internet de Drummondville, le boisé du parc Tessier est l'un des sept boisés à découvrir et à conserver. En mai, à la demande d'Hydro-Québec, un sous-traitant traversait un marécage en contravention avec la loi et effectuait une tranchée sur un kilomètre de long.

«Ce n'est pas la première place ou j'irais m'installer si j'étais une grenouille. S'il y a lieu, dans ce cas-ci, on cherchera un organisme de compensation», a rétorqué le ministre Blanchet lorsqu'il s'est fait poser des questions sur le sujet.

Selon les informations obtenues par notre bureau d'enquête auprès d'un consultant, le boisé comporte non seulement un marécage, mais également un marais.

«Nous travaillons présentement sur une réforme de tout ce qui touche les milieux humides», a assuré le ministre Blanchet.

Impatience

Pressé de questions, le ministre a fait preuve d'impatience et a même interrompu la conférence de presse lorsque la possibilité que le centre de données soit transféré à l'extérieur de sa circonscription a été évoquée. Après tout, c'est lui qui est responsable de la région de Bécancour, lourdement éprouvée par la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly 2.

«Si vous ne voulez pas que je réponde et que votre topo est déjà fait, bien, publiez-le», a-t-il lancé.

Lorsque l'équipe de TVA Nouvelles a laissé ses coordonnées à son attachée de presse afin d'en savoir plus, Yves-François Blanchet est revenu dans la salle pour préciser, d'un ton des plus directs, que son employée «prenait ses directives» de lui.

Selon notre bureau d'enquête, la société d'État possède trois millions de pieds carrés dans la région, de quoi épargner un milieu qui serait menacé.