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«Un nightlife aérien!»

Ewan Sauves

Des citoyens ont lancé une pétition pour dénoncer le bruit envahissant des avions survolant les quartiers résidentiels de Montréal, mercredi matin.

«On n'a jamais vu ça. On ne dit pas "pas dans ma cour", on est habitués... mais présentement, le bruit est plus fort, a affirmé Raymond Prince, directeur principal du regroupement citoyen Les Pollués de Montréal-Trudeau. La nuit, c'est devenu un "nightlife" aérien!»

Le ciel du quartier Ahuntsic, situé à 18 kilomètres de Dorval, serait envahi d'avions depuis quelques mois. D'après M. Prince, les atterrissages ne sont pas seulement plus fréquents, mais plus bruyants.

«La pollution sonore est pire que jamais, notamment parce que les avions volent à plus basse altitude que la normale, a dit M. Prince. C'est un paradoxe, parce que les chiffres de l'aéroport de Montréal estiment que les passages sont stables depuis 15 ans.»

Le groupe Les Pollués de Montréal-Trudeau réclame l'adoption de mesures concrètes pour réduire le trafic aérien dans les quartiers touchés.

Avant tout, un couvre-feu, entre 23h à 7h, devrait être instauré. «Huit heures de sommeil, c'est normal et pas abusé, dit Raymond Prince. Il y a des écoliers, des travailleurs qui se réveillent tôt, il faut être en forme.»

Ensuite, Montréal-Trudeau pourrait s'inspirer des pratiques mises en place à l'aéroport de Londres Heathrow, en Angleterre.

«À Londres, on demande aux pilotes de réduire au maximum la correction de trajectoire. Ici, quand ils arrivent à Ahuntsic par Saint-Michel, ils font une correction de trajectoire, en laissant aller les moteurs», a déploré le porte-parole.

Les Pollués de Montréal-Trudeau, organisation créée au début de l'année, compte faire pression sur les élus fédéraux dès septembre, moment où ils déposeront leur pétition.

Pourquoi avoir fermé Mirabel?

«Il est très difficile d'avoir de la sympathie pour ces gens-là! s'est exclamé Yves Ledoux, ancien contrôleur aérien à l'aéroport de Mirabel. Ils se plaignent du nombre d'avions qui passent, mais il faut leur rappeler qu'avant, Montréal avait deux aéroports.»

Selon M. Ledoux, le Québec a fait un choix de société «malsain» en fermant Mirabel, en 2003. Situé à une soixantaine de kilomètres de Montréal, Mirabel souffrait de l'absence d'un système de navettes le reliant rapidement au centre-ville.

Pourtant, celui-ci était de loin «le plus beau et le plus emblématique» pour Montréal, a soutenu le retraité qui a participé à l'inauguration de l'aéroport, en octobre 1975.

«Dans les grosses métropoles, on prend une heure pour se rendre à l'aéroport. Dorval, c'est honteux, on est dans un petit racoin, avec des accès routiers pénibles toujours en construction.»