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Un maire fait appel à une escorte puis porte plainte

TVA Nouvelles

EXCLUSIF — Après avoir fait appel à une escorte, un maire a décidé de porter plainte à la police contre la conductrice qui a amené la prostituée chez lui. Le politicien l'accuse d'extorsion et de prostitution.

L'enquête du corps policier municipal a été transférée à la Sûreté du Québec (SQ), car les faits allégués se sont déroulés sur son territoire.

Selon ce que Claude Poirier a appris, le 14 juin dernier, le maire était habillé en femme quand il a accueilli l'escorte à sa résidence et il lui a demandé de se faire maquiller. -->

La cousine de la conductrice de la travailleuse du sexe a validé les informations lors du Négociateur. «La demande particulière a été faite par texto», a dit la jeune femme sous le couvert de l'anonymat.

Service à une amie

La conductrice devait raconter elle-même sa mésaventure à Claude Poirier, mais sa cousine a fait savoir qu'elle avait peur en raison des «allégations assez lourdes contre elle.»

«Elle a rendu service à une amie et est allée reconduire l'escorte. Elles se sont perdues et la fille a téléphoné au monsieur en question [le maire] qui est venu les chercher. Il a dit à ma cousine de revenir deux heures plus tard», a narré la femme dont l'histoire est plutôt nébuleuse.

«Son téléphone est tombé en panne et ma cousine est retournée chercher son chargeur, mais le client a peut-être pensé qu'elle l'avait reconnu. Il est donc allé reconduire la petite madame [l'escorte] à un dépanneur.»

Litige sur le paiement

Il semblerait que le maire n'a pas payé la prostituée immédiatement pour ses services. «L'agence a téléphoné pour qu'il paye et il est allé directement chez la demoiselle pour la payer. Au départ, il devait laisser l'enveloppe [avec l'argent] sur son balcon, mais quand ils sont allés, l'enveloppe n'était pas là», soutient-elle.

Le lieutenant Guy Lapointe de la SQ confirme qu'un élu a bien porté plainte. «Il y a une enquête en cours pour extorsion concernant un individu qui a eu recours à un service d'escortes, et il y a un litige quant au paiement», informe le haut gradé.

«Ma cousine n'a rien fait et elle se retrouve avec des accusations. Et on ne comprend pas les preuves qu'il peut y avoir contre elle», laisse tomber la cousine de la conductrice. Le lieutenant Lapointe contredit ce qu'elle avance.

«Des personnes ont été arrêtées et libérées avec des promesses de comparaitre, mais le dossier n'a toujours pas été autorisé et il n'y a pas d'accusations formelles qui ont été déposées.»