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Les gestionnaires demandent un sursis

Marie-Pier Cornellier

Vendredi, François, un intervenant de la maison l'Estime a rassemblé tous ses résidents pour faire le point concernant leur relocalisation, qui doit être effectuée d'ici le 5 juillet.

En début de semaine, la ressource a appris qu'elle devait fermer, faute de ne pas s'être conformée à 20 des 60 critères exigés par l'Agence de la santé et des services sociaux pour obtenir le renouvellement de son permis.

«Il y a eu des efforts pour améliorer et corriger la situation, mais ce n'était pas suffisant», a dit le ministre de la Santé, Réjean Hébert.

«Ça aurait été facile de se rasseoir avec nous, il me semble, et de nous donner encore un peu de temps pour s'ajuster puisqu'on a toujours donné notre entière collaboration. Et ils savent très bien qu'on l'aurait fait!», réplique Marie-Claude Tardif, responsable de la certification de la maison l'Estime.

Pour les gestionnaires, ce rapport de non-conformité ne reflète en rien la réalité d'aujourd'hui. «C'est un portrait qui date de 6 mois!» a lancé Mme Tardif.

On croit encore possible d'éviter la fermeture. Une requête a été déposée au Tribunal administratif du Québec. La maison de thérapie demande une suspension des procédures.

Ce sont 75 personnes aux prises avec des problèmes de drogues et d'alcool, qui doivent être dirigées vers une nouvelle maison de thérapie.

Du nombre, 50% de la clientèle est issue des services correctionnels. La relocalisation s'annonce complexe. «C'est une constante négociation avec les procureurs qui ne sont pas tout à fait d'accord avec ça; ils considèrent qu'on coupe une thérapie en plein milieu», a rapporté l'un des agents de liaison de l'Estime, Denis Beauregard.

Certains résidents se sentent déracinés de ce milieu qu'ils considéraient maintenant leur chez-soi. «Je m'étais attachée à ici... C'est ma place, je n'ai pas de famille. Ici, c'est chez nous», a confié le cœur lourd Valérie, qui était dépendante à l'héroïne avant son arrivée en thérapie en janvier dernier.

Valérie (TVA Nouvelles)

Le ministre de la Santé juge que la ressource est non-sécuritaire et que l'encadrement est déficient.

On reproche, entre autres, à la direction de ne pas procéder à une évaluation médicale des résidents, dans les 7 jours suivant leur admission.

«On a une entente avec un médecin. Il vient tout les lundis et les mardis. On priorise les nouveaux bénéficiaires, c'est impossible qu'ils ne soient pas vus dans ces délais», soutient Marie-Claude Tardif.

Sur chacun des 20 points blâmés par l'Agence, la maison l'Estime se questionne.

Pour elle, c'est un non sens. Elle dit s'être ajustée à toutes ces demandes au cours des derniers mois...

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