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Tragédie ferroviaire à Lac-Mégantic

«C'est le train de la mort»

Natacha Lavigne | TVA Nouvelles

Les résidants de Lac-Mégantic vivent un deuil indescriptible. Pour la plupart réunis à la polyvalente Montignac, ils témoignent entre eux des souvenirs douloureux de cette nuit horrible.

C'est le cas de Raymond Lafontaine, un entrepreneur bien connu dans la région. Victime de cette tragédie, il a perdu quatre personnes de son entourage dans cet incendie.

«J'ai perdu mon garçon, sa femme, la femme de mon autre garçon Pascal et Marie-Noël, une de nos employés», soupire-t-il péniblement.

Atterré par les évènements, son autre fils Christian Lafontaine, a raconté la façon dont ses proches ont perdu la vie.


Christian Lafontaine (Photo Agence QMI)

«J'étais justement au Musi-Café [...] il y a eu un genre de tremblement de terre avant la décision de sortir, une coupure de courant et le ciel est devenu orange. Le réflexe de ma conjointe était de se cacher et moi c'était de sortir. Je pense que c'est la meilleure décision que je n'ai jamais fais, parce que je suis encore là et les autres sont disparus», a-t-il raconté.

«Le bon Dieu nous a aimés, il nous en a gardé deux [...] c'était l'anniversaire de ma fille qui fêtait son 40e anniversaire de naissance. Ma famille a manqué de tout y passer à cause de négligence» a continué le père, furieux.

Négligence

Outré de la tournure des évènements, l'entrepreneur est persuadé que le tout aurait pu être évité.

Œuvrant dans le domaine des machineries lourdes, il a expliqué en entrevue à TVA Nouvelles que ses véhicules sont constamment suivis par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), contrairement à la compagnie Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) qui «a quatre à cinq personnes pour entretenir 200 kilomètres de chemin de fer».


Raymond Lafontaine (Capture d'écran TVA Nouvelles)

 

«Le train de la mort, il n'est pas noir pour rien, chaque fois que je voyais passer ce train depuis deux ans, mon cœur battait. Je ne savais pas que mon fils y resterait [...] ce train de la mort qui vient d'une autre province [NDLR pour se rendre aux États-Unis] était une bombe atomique», a témoigné M. Lafontaine.

«Mettez vos culottes»

N'arrivant pas à croire ce qui se passe, l'homme aimerait que le gouvernement soit plus ferme et ne laisse pas ce genre de catastrophes se reproduire.

«Si nos dirigeants ne sont pas capables de mettre leurs culottes, autant M. Harper que la première ministre Mme Marois, qu'ils débarquent [...] aujourd'hui ils ont tué la relève et mon cœur est déchiré. Je ne souhaite pas ça à personne», a-t-il pleuré.

Lac-Mégantic est en deuil au lendemain de cette tragédie qui a coûté la vie à au moins cinq personnes selon les autorités, alors qu'un train contenant du pétrole bruit a déraillé pour finalement exploser en plein cœur de la ville.

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