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Denis McCready se lance dans la course

Ewan Sauves

Le producteur et blogueur Denis McCready ajoutera son nom à la déjà longue liste des candidats à la mairie de Montréal.

Contrairement à ses adversaires, son programme électoral ne comportera qu'une seule promesse : donner le pouvoir aux citoyens, qui gouverneraient la Ville par la tenue de référendums.

M. McCready souhaite instaurer à Montréal ce qu'il appelle une «démocratie ouverte». S'inspirant de modèles politiques suisses et américains, il estime qu'il revient aux Montréalais de voter les lois et les règlements qui les régissent.

Au lendemain de son élection, il enlèverait certains pouvoirs aux élus et mettrait en place deux référendums à date fixe, l'un au printemps et l'autre à l'automne - afin que les citoyens se fassent entendre sur les dossiers chauds du moment.

«On vit actuellement dans une démocratie représentative et à quelque chose près, ça s'apparente à une pièce de théâtre, a dit Denis McCready, son casque de vélo dans les mains. En gros, on me demande de voter pour quelqu'un qui prendra des décisions pour les quatre prochaines années. C'est sans bon sens.»

L'homme de 45 ans, blogueur au journal «Voir», prévoit d'instaurer des «mécanismes de destitution», c'est-à-dire que les élus devront subir des votes de confiance durant l'année. S'ils n'obtiennent pas l'appui de la population, ils seront forcés de démissionner en cours de mandat.

Le producteur de documentaires a été un fervent militant du mouvement citoyen Occupons Montréal. Il a aussi marché à de nombreuses reprises aux côtés des étudiants grévistes, lors des manifestations du printemps érable.Toutefois, le militantisme a ses limites, a expliqué Denis McCready. Même s'il a perdu confiance envers le système, il est d'avis que pour changer le «triste état actuel du monde», il doit prendre le pouvoir.

«Le militantisme ne détient pas le pouvoir, a-t-il dit. Oui, il attire l'attention et les politiciens vont finir par consulter les citoyens, mais après, ils virent de bord et font ce qu'ils veulent. C'est systématique aujourd'hui.»

Le blogueur illustre son propos en parlant des conseils de ville et d'arrondissements, qui selon lui, font taire la parole citoyenne. Résident du Plateau-Mont-Royal, M. McCready dit ne pas avoir souvent obtenu de réponses de son maire, Luc Ferrandez.

«Les citoyens sont frustrés. Ils ne sont pas écoutés, ils sont méprisés, a-t-il affirmé. Je peux aller à chaque réunion du conseil du Plateau-Mont-Royal et demander à M. Ferrandez s'il va instaurer des référendums sur les questions importantes, mais c'est une perte de temps. Il va tout le temps me répondre non. Je suis coincé, vous voyez.»

Denis McCready tentera samedi de récolter ses 200 signatures nécessaires afin d'officialiser sa candidature. D'ici là, il ajoutera sur son site internet son programme électoral, «qui tiendra sur une page».

Il fera campagne solo, mais invite les citoyens impliqués dans leur vie de quartier à se présenter pour les postes de conseillers. Denis McCready n'acceptera pas non plus les dons du public.

«C'est une idée simple et je vais la faire circuler par les moyens que j'ai. Je ne veux pas la marteler, je veux qu'elle fasse son chemin par elle-même», a-t-il indiqué.
M. McCready est conscient de la compétition qui l'attend.

«Je ne m'attends pas à gagner haut la main», a-t-il dit, mais il estime toutefois avoir de bonnes chances de devenir le prochain maire de Montréal.

«À voir le nombre de démissions et d'arrestations, si la tendance se maintient, je pourrais être le dernier candidat en lice en novembre», a-t-il conclu à la blague.

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