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Aider les jeunes à retrouver l'estime de soi

Lydia Labbé-Roy

Marilou Pilote, 15 ans, a un problème de surpoids. Transformée par son séjour au projet-pilote du camp SNAP (santé, nutrition, activité physique) l'an dernier, elle souhaite partager son expérience avec tous ceux qui sont dans la même situation.

«Le camp m'a apporté vraiment beaucoup de changements, donc je me dis qu'il faut que tout le monde y aille, pour voir ce que ça fait», a expliqué Marilou, assise devant les cendres d'un feu de camp.

Cette jeune fille volubile, qui raconte son expérience avec passion, n'a apparemment pas été toujours aussi extravertie.

«J'ai toujours eu l'impression que les gens allaient me juger, donc je ne parlais pas beaucoup à l'école. Mais ça me manquait», a-t-elle dit.

Le camp SNAP lui a donné le courage dont elle avait besoin pour s'affirmer.

«Je suis dans la même classe depuis huit ans. Quand je suis arrivée et que j'ai montré qui j'étais pour vrai, j'ai eu peur. Mais après, ils étaient fiers de moi. Des enfants, ça peut être méchant, mais les gens de ma classe venaient me voir et ils me disaient "je suis fier de toi, tu fais bien ça." Et ça me donnait encore plus de courage», a raconté Marilou.

Situé dans les Laurentides, le camp dure 12 jours et est organisé par les Œuvres du Père Sablon, en collaboration avec le CHU Sainte-Justine.

La plupart des jeunes qui fréquentent le camp ont des problèmes d'estime personnelle dus à leur surplus de poids.

«C'est vraiment ce qui les rejoint, selon Emmanuelle Lachance, directrice ventes, marketing et communications pour les Œuvres du Père Sablon. Une grosse souffrance et une estime d'eux-mêmes qui est à moins que zéro. Il faut se mettre en contexte que ce sont des jeunes qui ne sont jamais choisis à l'école pour jouer au ballon. Ils sont toujours exclus. Mais ici, ils sont tous pareil.»

Avec le projet-pilote réalisé avec 16 jeunes l'an passé, dont Marilou faisait partie, Emmanuelle Lachance a remarqué plusieurs changements chez eux.

«L'estime de plusieurs remonte parce qu'ils ont vécu des moments positifs, a-t-elle affirmé. On s'est rendu compte que pour les faire venir dans un camp, il faut qu'ils se sentent entourés de gens comme eux. Sinon, ils ne seront jamais à l'aise de faire les activités. Donc là, ils peuvent essayer n'importe quelle activité. Ils n'ont pas peur de faire rire d'eux parce que tout leur groupe est comme eux.»

Le camp SNAP est le seul camp au Québec destiné aux jeunes de 8 à 16 ans aux prises avec un surplus de poids ou un problème d'obésité. Mais attention, ce n'est pas un «boot camp» comme on peut le voir aux États-Unis.

«La perte de poids au camp n'est vraiment pas l'objectif premier, assure Emmanuelle Lachance. Mais ils en perdent, c'est sûr, parce que souvent ces enfants-là ne bougent pas du tout à la maison.»

«C'est un camp normal, d'après Marilou. Tu fais juste avoir du fun avec tes amis, mais en plus de ça, t'as un atelier de nutrition ou d'activités physiques et c'est juste vraiment intéressant. Je trouve ça même mieux qu'un camp normal parce que t'apprends encore plus de choses.»