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Hydro-Québec demande une hausse de 3,4 %

Denise Proulx

Hydro-Québec Distribution demande une hausse des tarifs d'électricité de 3,4% à la Régie de l'énergie à compter du 1er avril 2014.

Si cette hausse est acceptée, la facture moyenne augmentera de 1,70 $ par mois pour un logement et de 6,10 $ pour une maison moyenne, selon les calculs de la société d'État.

Hydro-Québec justifie sa demande par trois facteurs, soit les coûts liés aux nouveaux parcs éoliens, l'indexation du prix de l'électricité patrimoniale et des modifications à ses réseaux.

Interrogé sur la pertinence pour les Québécois de payer pour la filière éolienne qui coûte plus de 10 cents le kilowatt à produire, le porte-parole d'Hydro-Québec, Patrice Lavoie, a souligné que la mise en service de nouveaux parcs éoliens représente l'équivalent de 2,7% de la demande d'augmentation. «Ce sont des mandats qui viennent du gouvernement», a-t-il précisé.

Le coût de l'électricité patrimoniale sera indexé de 0,8% à compter de 2014, comme le prévoit la Loi sur la Régie de l'énergie. Le bloc d'électricité patrimonial couvre plus de 90 % des besoins québécois.

Les ajouts aux réseaux de transport et de distribution d'électricité pour répondre à la croissance de la demande résidentielle et commerciale au Québec contribuent, quant à eux, à une hausse des coûts équivalente à 1,4%.

Les consommateurs risquent de payer encore plus cher

Hydro-Québec a également une autre demande de révision sur la table de la Régie de l'énergie. La Société d'État souhaite que son taux de rendement soit comparable à celui des entreprises de même nature en Amérique du Nord.

Si la Régie acquiesce à sa requête, ce serait une hausse supplémentaire de 2% qu'il faudrait ajouter à compter de 2014, la faisant passer à 5,4%.

«Nous sommes inquiets, a indiqué Marc-Olivier Poisan-Plante, analyste en énergie à l'Union des consommateurs. En 15 ans, ce serait la plus forte augmentation tarifaire imposée aux consommateurs.»

«On peut se demander jusqu'où la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, continuera à pelleter le problème par en avant et à soutenir une filière en en faisant un outil de sa Politique industrielle régionale», a-t-il ajouté.

«L'approvisionnement en éolien coûtera 700 millions $ aux clients d'Hydro-Québec. Si on ajoute 170 millions $ pour les coûts liés à l'énergie produite par la biomasse, 200 millions $ pour garder TransCanada Énergie fermée, on paie 1 milliard $ de plus que nécessaire», a affirmé Claude Garcia, administrateur d'entreprises, favorable à la privatisation d'Hydro-Québec.

D'autres pertes d'emploi

Hydro-Québec entend compenser une partie de ces coûts additionnels par des gains d'efficience de 160 millions $, processus entamé depuis quelques années.
«Nous avons amélioré notre façon de faire dans plusieurs services, ce qui a amené une réduction d'effectifs dans la foulée de ces actions», a poursuivi Patrice Lavoie.

À ce jour, 905 postes ont été abolis et près de 1100 autres le seront au cours des prochains mois. Hydro-Québec estime qu'à la fin de 2013, elle comptera 20 500 employés contre 22 500 au début de 2012.

La Régie de l'énergie tiendra des audiences publiques cet automne sur la demande tarifaire d'Hydro-Québec et devrait rendre les deux décisions vers le début de l'an prochain.