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Le Ritalin n'améliore pas les résultats scolaires

TVA Nouvelles

Les jeunes Québécois souffrent-ils davantage de déficit d'attention que les autres?

44% des médicaments de ce type prescrits au Canada le sont au Québec.

Les prescriptions de Ritalin ont triplé dans la province après l'adoption du régime public d'assurance-médicaments.

Egide Royer, Prof., Faculté de l'éducation, Université Laval : «On a la détente beaucoup trop rapide pour identifier les troubles déficitaires d'attention et d'hyperactivité. La deuxième chose, c'est qu'on y va beaucoup trop rapidement, on surmédicalise cette question-là présentement.»

Le Ritalin est parfois appelé la «drogue de la réussite».

À tort, conclut une étude de l'Université Princeton, qui a suivi 15,000 enfants et leurs familles, du Québec et d'ailleurs au Canada, sur une longue période: 14 ans.

Les chercheurs ont notamment comparé les résultats académiques des élèves.

Même médicamentés, les jeunes diagnostiqués avec un trouble de déficit d'attention sévère avaient plus de retard à l'école, de moins bons résultats en mathématiques et étaient plus à risque de décrocher.

Les spécialistes de l'éducation ne sont pas surpris. Le médicament seul ne suffit pas. Et il a des effets secondaires reconnus.

Gérald Boutin, Prof., Faculté de l'éducation, UQÀM: «Une certaine fatigue, un certain sentiment d'incomplétude. Enfin, l'élève ne se sent pas toujours très bien dans sa peau. «Ça peut être des migraines.»

«Ca augmente la tension, mais ce n'est pas ça qui apprend à écrire et à lire à un jeune. C'est pas ça non plus comme tel qui permet à un jeune de développer certaines habiletés sociales, fonctionner avec les autres.»

Au Québec, 70% de toutes les prescriptions de Ritalin sont pour des garçons.

«Pourquoi autant de gars? Est-ce que le fait d'être un gars -pour 20% des gars à l'école- est en soi un problème pédopsychiatrique qui implique d'avoir une médication? Posez-vous la question.»

Gérald Boutin suggère plus de tolérance.

«C'est normal de bouger. On peut pas rester comme ça, à 7 ou 10 ans, assis sur son petit derrière. C'est affolant, ce serait inquiétant.»

Une réflexion particulièrement bienvenue, à quelques semaines de la rentrée.