/regional/centreduquebec

Mégantic à la recherche de solutions

Isabelle Dorais / Kathryne Lamontagne

Si la Ville de Lac-Mégantic accueille sans surprise la décision de l'Office des transports du Canada à l'endroit de la Montréal Maine & Atlantic Railways (MMA), elle souhaite maintenant qu'une solution rapide soit trouvée afin de reprendre un transport ferroviaire «efficace» et «sécuritaire» dans la région.

Paralysées depuis le 6 juillet, certaines entreprises de Lac-Mégantic ont besoin de pouvoir compter rapidement sur les trains pour poursuivre leurs activités. «Déjà, elles ont de la difficulté à respecter la livraison de leurs commandes à cause de l'absence du train», a expliqué la mairesse, Colette Roy-Laroche, mardi.

Chose certaine, pas question que le transport ferroviaire reprenne au centre-ville ou à proximité des quartiers résidentiels. «Des études sont en train de se faire pour des parcours alternatifs. Mais il faut que les décisions soient prises rapidement», a soutenu le porte-parole de la Ville, Nicolas Carette.

Même son de cloche du côté des employés de la MMA, qui espèrent que la gestion des rails sera reprise par une entreprise «responsable». S'il dit «comprendre» la décision de l'OTC, le président du syndicat des Métallos n'est pas moins déçu pour ses membres, qui cumulent les revers depuis le drame.

Rappelons que la MMA a mis à pied la moitié de sa soixantaine de travailleurs, depuis le 6 juillet, et que l'autre risque fort bien de subir le même sort si la compagnie ne peut plus rouler sur les voies ferrées canadiennes.

Pierre Arsenault est actuellement en contact avec Emploi-Québec pour tenter de réaffecter les travailleurs ailleurs. «On veut lancer un appel aux compagnies ferroviaires. Ce n'est pas parce que MMA est complètement irresponsable que les travailleurs le sont. Ce sont des gens compétents, des professionnels, et ils le montrent tous les jours malgré tout ce qui se vit», a-t-il plaidé.

La décontamination s'annonce longue et ardue

Plus tôt dans la journée, la mairesse de Lac-Mégantic a fait le point sur l'avancement des travaux dans la zone sinistrée.

Ce n'est pas de sitôt que la terre contaminée disparaîtra du paysage: de longs mois encore consacrés aux opérations de pompage pour éviter que le pétrole ne se répande encore plus.

«Comme c'est dans le sous-sol et que ce n'est pas visible à l'oeil nu, c'est très difficile de savoir combien de temps. Mais une chose est certaine, c'est que ce sera très long. Une grande partie du territoire est contaminée, mais pas nécessairement au même niveau partout sur le secteur sinistré», a expliqué Colette Roy-Laroche.

Ce n'est que plus tard que les décisions seront prises quant à la façon de détruire la terre contaminée ou d'en disposer. Actuellement, elle est transportée par camion et ramenée au coeur de la zone rouge.

(TVA Nouvelles)

Un des problèmes majeurs: la pluie, qui, à tout moment, vient perturber les travailleurs. «On peut penser que c'est long, mais je pense que c'est tout à fait normal, compte tenu de la quantité de pétrole qui s'est déversée sur le terrain.»

Si d'imposants équipements ont été mis en place pour empêcher le ruissellement des eaux, il n'en demeure pas moins que les hydrocarbures voyagent et continuent leurs ravages.

Impossible, toujours, de quantifier et de mesurer en profondeur la terre souillée et de savoir si les commerces isolés au coeur de la zone devront être démolis.

On sait toutefois qu'une fois les travaux terminés, la Ville projette d'aménager un parc en mémoire des 47 victimes de cette tragédie ferroviaire.

Dans la même catégorie