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Priorités à la démocratie et la prospérité

Étienne Laberge

Projet Montréal a mis la démocratie et la prospérité économique en tête de liste de son programme 2013.

Le chef de l'organisation politique, Richard Bergeron, a présenté mardi les six priorités adoptées en conseil général en novembre dernier.

L'habitation, le développement du transport collectif, la sécurité et la culture font également partie intégrante du document de 31 pages.

«Tout notre programme tourne autour de la rétention des classes moyennes sur l'île, a déclaré M. Bergeron. C'est la clef de l'avenir de Montréal.»

(Crédit photo: Agence QMI)

Il a ajouté que la prospérité des banlieues ces dernières années est une conséquence indirecte de l'exode des classes moyennes montréalaises. Celles-ci vont s'établir ailleurs pour élever leur famille et réaliser quelque économie.

Statuant sur une augmentation de taxe s'il accède à la mairie, le chef de Projet Montréal établirait le montant en fonction de l'inflation.

Il s'agit d'un passage obligé, selon lui, puisque la somme permettra de payer la hausse des coûts structurels de la ville comme les conventions collectives et des achats réguliers.

«Au cours des 10 dernières années, on s'est fait voler grosso modo 1 milliard $, c'est la perte imputant à la collusion et la corruption, a expliqué le chef. Je suis confiant que cet argent servira à réaliser notre programme, et donc ça permettra de laisser les taxes évoluées en fonction de l'inflation.»

Aider cyclistes et piétons

Sensible au taux élevé de mortalité des piétons et des cyclistes sur l'île, Projet Montréal propose au gouvernement de modifier le Code de la sécurité routière.

Il suggère de le remplacer par un «Code de la rue», tel que l'ont instauré les Belges. Une telle réglementation impose «une obligation de prudence vis-à-vis des plus faibles».

L'ensemble des dispositions contenues dans ce code aurait pour effet d'affirmer le droit à l'espace public des piétons et cyclistes.

Projet Montréal souhaite diminuer de 2,5% par année la circulation automobile.

Ses adversaires sceptiques

Les idées incluses dans le programme 2013 de Projet Montréal n'ont pas convaincu ceux qui seront les opposants du chef, Richard Bergeron, lors de la course à la mairie de l'automne prochain.

«Dire que c'est un programme, c'est un peu audacieux, a soutenu Anie Samson, d'Équipe Denis Coderre pour Montréal. Je parlerais plus d'une liste d'épicerie. Sur ses 71 engagements, plus de la moitié d'entre eux ont déjà été réalisés par la Ville de Montréal.»

Pour Marcel Côté, «ce programme ne fait aucune proposition en matière d'éthique, de développement social ni de lutte à la pauvreté. Projet Montréal n'est définitivement pas le parti qui s'illustre en matière de prospérité économique».

Mélanie Joly, de son côté, estime que les nombreuses propositions de Richard Bergeron et son parti démontre leur manque de réalisme et de pragmatisme.

«Les engagements sont tellement nombreux que lorsqu'on parle de leur mise en œuvre, ça devient irréaliste», a évoqué la candidate indépendante.