/news/homepage

La famille envisage de poursuivre le SPVM

Yves Poirier

Une famille montréalaise songe à poursuivre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au terme de l'arrestation qu'elle qualifie de musclée du jeune Woody Louis-Jean, 22 ans.


(Capture d'écran)

Selon l'avocat de la famille, Me Stéphane Handfield, les policiers auraient fait preuve de force excessive lors de l'arrestation de Woody Louis-Jean, le 31 mai dernier, devant le cégep du Vieux-Montréal.

Une vidéo qui n'avait jamais été diffusée, obtenue par TVA Nouvelles auprès de Me Handfield, montre une intervention qualifiée de musclée par la famille à l'égard du jeune étudiant.

Il a été maîtrisé après avoir été aspergé de poivre de Cayenne, menotté et conduit au poste de police.

Son crime: avoir involontairement fracassé la vitre qui protège le téléphone d'urgence dans le gymnase du cégep du Vieux-Montréal.


L'équipement de sécurité en question (gracieuseté)

Son ballon de basketball est allé heurter la vitre alors qu'il se trouvait dans le gymnase avec son petit frère de 14 ans.

Version de Woody Louis-Jean

En entrevue à LCN, Woody Louis-Jean a donné sa version des faits. Il affirme qu'il n'a jamais eu l'intention de briser quoi que ce soit.

«Je ne la visais pas, je ne voulais pas la briser. C'est juste un moment de frustration, explique-t-il. J'ai lancé le ballon sans regarder et la vitre s'est brisée.»

Cet incident s'est produit alors que des agents de sécurité du cégep avaient demandé à Woody Louis-Jean ainsi qu'à son frère de quitter le gymnase. Pourtant, les deux jeunes hommes fréquentaient l'endroit chaque vendredi pour y pratiquer leur sport, le basketball.

Ils affirment qu'on leur a demandé de quitter les lieux sans donner d'explications claires.

Woody Louis-Jean a souligné, qu'à ce moment, il n'a pas démontré de signes d'agressivité.


Woody Louis-Jean et son petit frère (Capture d'écran)

«La fille responsable de l'équipement sportif était là, mais je ne lui ai pas adressé la parole. J'ai parlé aux agents de sécurité poliment. Une fois à l'extérieur du cégep, je traverse la rue Ontario, je me dirige vers le métro Berri-UQAM, un policier baisse sa vitre et me demande d'arrêter, mais j'ai continué ma route. Il s'est alors approché pour essayer de me prendre, mais j'ai continué ma route. Je me suis arrêté pour parler à mon petit frère et lui dire de rentrer à la maison, que j'allais m'occuper de tout ça.»

«C'est en me retournant que le policier m'a aspergé de poivre de Cayenne. Je n'ai jamais bousculé de policier, ce que prétend le SPVM est faux, a raconté Woody Louis-Jean. Je marchais tranquillement, il m'a dit d'arrêter mais je ne me suis juste pas arrêté. Je n'ai jamais été agressif, je ne suis pas stupide. C'est complètement faux. Si j'avais vraiment bousculé l'agent, ils auraient porté plainte, il y aurait eu une accusation, il n'y a pas eu d'accusation parce qu'il savait qu'ils avaient tort et que l'arrestation était exagérée pour rien.»

L'avocat étonné par le nombre de policiers

Près de dix policiers sont intervenus le 31 mai dernier, ce qui étonne Me Handfield.

«On est intervenu avec une force qui m'apparaît à première vue excessive, explique l'avocat. On asperge de poivre de Cayenne, on embarque le plus vieux des frères et on laisse sur la rue le plus jeune, un enfant mineur 14 ans, sans explication. C'est une dame qui est intervenue et qui a récupéré ce jeune-là pour qu'il puisse téléphoner à ses parents.»

L'avocat pourrait entreprendre au nom de la famille une poursuite contre le SPVM et une plainte en déontologie pourrait aussi être déposée contre des agents.

Jusqu'à présent, aucune accusation de méfait n'a été déposée contre le jeune homme de 22 ans.

Version du SPVM

En réaction, un porte-parole du SPVM, Laurent Gingras, affirme que les policiers ont été appelés sur les lieux par des agents de sécurité du cégep qui avaient expulsé Woody Louis-Jean après un incident de méfait dans le gymnase.

Une fois à l'extérieur du cégep, un agent du SPVM a interpellé le jeune homme, mais ce dernier aurait poursuivi son chemin sans s'arrêter.

Le policier est revenu à la charge en lui ordonnant de s'immobiliser. Encore là, l'étudiant n'aurait pas obéi pour finalement bousculer le policier sur son passage.

Woody Louis-Jean aurait même tenté de pousser le policier une deuxième fois.

L'agent a alors utilisé le poivre de Cayenne pour maîtriser le jeune homme.

Plusieurs autres agents sont arrivés en renfort.

Une fois au poste de police, le suspect n'aurait pas voulu coopérer selon le SPVM.

Pourquoi autant de policiers pour une seule arrestation? Le SPVM trouve normal que plusieurs policiers soient intervenus le 31 mai dernier.

«L'objectif, c'est que l'intervention se déroule le plus sécuritairement possible et que la situation soit maîtrisée le plus facilement possible. Il y avait plusieurs personnes autour du suspect et une présence policière plus importante nous permet de surveiller leurs intentions», a expliqué Laurent Gingras, porte-parole de la SPVM.