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Son employeur la congédie

TVA Nouvelles

Une gérante d'un restaurant a été licenciée par son employeur lorsqu'elle lui a annoncé qu'elle était atteinte d'un cancer. Même s'il s'agit d'une pratique illégale, de plus en plus de personnes en sont victimes.

«Mon patron m'a dit: 'On ne sait pas ce qui va arriver avec toi. Ma femme a déjà eu des traitements au laser et de la chimiothérapie. Et moi, il faut que j'envisage septembre, la grande rentrée...», raconte Isabelle Chabot, qui travaillait comme serveuse et gérante à la Taverne Magnan, à Montréal.

(TVA Nouvelles) Isabelle Chabot

La lettre de renvoi qu'on a remise est claire : «Compte tenu de votre situation et les besoins de l'entreprise, il apparaît que vous ne serez pas en mesure de fournir la prestation de travail à laquelle nous sommes en droit d'attendre en raison du poste stratégique que vous occupez.»

De plus en plus de cas

Une pratique illégale, a rappelé Robert Rivest, avocat pour la Commission des normes du travail du Québec.

«Une entreprise ne peut pas avoir comme base de résignation d'emploi uniquement le fait qu'elle a constaté ou qu'elle a été informée de sa maladie.»

Pourtant, il y a de plus en plus de cas similaires et la Société canadienne du cancer prend le problème au sérieux.

«Il n'y a pas de statistiques comme telles, mais il y en a suffisamment pour que la société ait décidé de créer un programme pour aider les personnes en réinsertion professionnelle», explique Diane Lamontagne de la Société canadienne du cancer.

Le patron d'Isabelle Chabot, Alain Gauthier, n'a pas souhaité réagir, mais il a déjà affiché une offre pour lui trouver une remplaçante.

La productivité avant l'être humain

Mei Lin Yee, ancienne directrice des ressources humaines d'une grande entreprise, a elle aussi été congédiée à cause de son cancer.

(TVA Nouvelles) Mei Lin Yee

«Malheureusement, on est devenu une société dans laquelle la performance et la production sont les choses les plus importantes pour l'employeur. L'être humain n'est plus quelque chose auquel la plupart des employeurs tiennent.»

Elle travaille maintenant comme bénévole à la Société canadienne du cancer.