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Une nouvelle initiative pour contrer le décrochage

Josée Cloutier

La Maison Jeunes-Est de Sherbrooke s'invite à l'école: 45 élèves de l'école secondaire de la Montée bénéficieront d'un accompagnement personnalisé des intervenants de la maison des jeunes afin de favoriser leur réussite éducative.

Le projet Accès 5 a été officiellement lancé jeudi à Sherbrooke. «Ces jeunes seront suivis par des personnes 12 mois par année pendant cinq ans ou, je l'espère, jusqu'à leur diplomation. Je suis convaincue que cela va faire la différence!», exprime avec entrain Chantal Charron, directrice générale de la Maison Jeunes-Est.

Une somme de 1 500 000$ sera consacrée à la réalisation du projet. L'organisme Réunir Réussir [R2] a appuyé le projet en y investissant la somme de 560 000$.

Cinq intervenants pivots de la Maison Jeunes-Est iront à la rencontre des jeunes et de leurs familles pour identifier les besoins. Les jeunes inscrits auront accès à du soutien scolaire, un suivi individuel et des activités parascolaires.

Des mesures d'aide financière et matérielle seront aussi offertes aux élèves et à leurs parents. «Chaque jeune, on va lui trouver une passion, un mentor, un professeur. Les jeunes déjà inscrits ont les yeux brillants, ils sont plein d'énergie», partage la directrice.

Ni professeur, ni parent, Esther Renaud, intervenante pivot, est accueillie chaleureusement à l'école de la Montée. Lors de notre passage, une élève lui fait l'accolade. Un autre se confie sur une situation familiale. L'écoute est au cœur de son approche. «Il nous arrive même d'aller chez eux, dans leur chambre. On parle, on s'amuse. On crée des liens en très peu de temps», explique Esther. «On devient des amis, des mentors, des guides», ajoute Catherine Samson, aussi intervenante pivot.

Les élèves inscrits, choisis selon certains critères, voient déjà les avantages d'un tel programme. «Le matin, je n'ai pas toujours le goût de me lever pour aller à l'école. Ce qui me motive, c'est que je sais que je vais pouvoir parler à quelqu'un qui va m'écouter», nous explique Daphné. « Nous avons fait du yoga et même de la photo. Maintenant, j'ai un peu plus le goût d'aller à mes cours, car je sais que si j'ai de la difficulté, je vais avoir quelqu'un pour m'aider», explique à son tour Béatrice.

Il y a 6 ans, le taux de décrochage scolaire à la Commission scolaire de la région de Sherbrooke était de 33%. L'an dernier, il est descendu, pour la première fois, sous la moyenne provinciale à 18,2%. Mais il demeure encore très élevé dans les écoles de l'Est de Sherbrooke. «C'est pour cela qu'il faut mettre en place des programmes plus pointus, plus spécifiques, qui répondent à des caractéristiques très précises», croit le directeur général de la CSRS, Michel Bernard.

Daphné et Béatrice nous ont fait une promesse: «Oui, on va se revoir lors de la remise des diplômes de secondaire 5!»