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Le sport pratiqué dès la garderie?

Paul Rivard

Il n'est jamais trop tôt pour initier des enfants à la pratique du sport, mais peut-on le faire aussi tôt qu'à l'étape de la garderie... chez les 18 mois à 4 ans?

Il semble que oui, selon les utilisateurs du concept «Le Petit Sport».

Preuve à l'appui, les enfants de cette première garderie canadienne à afficher la bannière, démontrent sans l'ombre d'un doute qu'ils s'amusent ferme le temps que durent ces séances quotidienne de 45 minutes dédiées aux initiations au tennis, au golf ou au basketball.

(Photo TVA Nouvelles)

Dans le gymnase de l'établissement de McMasterville, ils sont tantôt des lanceurs de fusées, des tireurs de boules de crème glacées ou d'énergiques petits lapins échappant au tir nourri de balles de tennis.

Tant que l'enfant s'amuse...

La plupart des éducateurs ou entraîneurs sportifs vous le diront, il y a des limites quant à l'âge où de ces jeunes candidats peuvent maintenir leur attention et assimiler les notions d'un sport. Sauf si on intègre ces enseignements dans des histoires et des jeux.

(Photo TVA Nouvelles)

Il y a une quinzaine d'années, c'est l'idée qu'a eue le tennisman français Jean-Philippe Fleurian, un ancien 37e joueur mondial.

Fleurian et sa conjointe Sybille se sont dit que si les enfants faisaient ce qu'ils adorent, jouer, il y aurait moyen de les intéresser au tennis. Ainsi, Fleurian a développé une méthode où de multiples histoires viennent au secours de la pédagogie sportive.

(Photo TVA Nouvelles)

Et si la raquette devenait une rampe de lancement et la balle, une fusée qui traverserait la galaxie (le filet)? Et si la balle de tennis était une belle boule de crème glacée destinée au bol que tient le pengouin (son petit copain de garderie)?

Fleurian tenait à ce que sa méthode tourne autour du rêve, avec une approche du sport se voulant instinctive. Il n'est jamais question de battre un adversaire, de gagner ou de perdre. L'enfant se retrouve dans un univers magique.

L'enfant avant le champion

Le propriétaire de cette première garderie certifiée «Le Petit Sport», Steve Pourciel, a endossé ces caractéristiques et verbalise à sa façon l'idée générale.

«Ce n'est pas une place où on dirige les jeunes de façon militaire afin d'en faire de futurs Roger Federer ou Tiger Woods. C'est un monde de découverte où l'enfant va manipuler la raquette de tennis, le bâton de golf, le ballon de basket ou de soccer. Et ça interpelle autant les garçons que les filles qui évoluent dans un monde imaginaire. On ne met pas l'emphase sur la technique du mouvement, mais sur l'objectif du jeu. Si ça reste ludique, ça sera nécessairement attrayant.»

(Photo TVA Nouvelles)

Et tout en s'amusant ainsi, les éducateurs insistent sur les mêmes préceptes qu'ils doivent en général observer dans la vie. Maintenant et plus tard, qu'ils deviennent des athlètes ou non: Passion, Respect, Intégrité, Esprit d'équipe, Effort, Persévérance, Générosité et Humilité. C'est écrit noir sur blanc.

Steve Pourciel est le premier au Canada à obtenir cette certification du «Petit Sport». Mais la marque est chose connue à travers les cinq continents.

Jean-Philippe Fleurian avant répandu son idée grâce aux Club Med. Puis, de nouvelles ramifications sont venues s'étendre à plus d'une vingtaine de pays, alors que le Petit Tennis a littéralement ...fait des petits. Chez les Suisses, par exemple, la fondation «Sport for life» utilise la méthode et insiste sur les mêmes principes véhiculés par les valeurs de Fleurian.

Pas QUE du sport

Si le sport a mené Pourciel vers le monde de la garderie, il tient à préciser que son établissement, et les autres qui obtiendraient éventuellement la certification «Petit Sport», ne deviendront pas de petites usines à champions ou de minuscules gymnases pour poupons.

«Quand j'ai acquis cette garderie, en juillet, il y avait d'excellents programmes de musique, de yoga, de danse ou de karaté. Et ils y sont toujours. Pas question de créer une garderie spécialisée, elle est ouverte à tous les enfants et nous les éveillons à toutes les activités habituelles. La seule différence, c'est qu'on les initie aux plaisirs du sport. Si, ensuite, l'un d'eux ou l'une d'elles veut continuer, ils trouveront un centre de sports sur mesure pour eux.»