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Gérald Bull, «un homme bien mal connu»

TVA Nouvelles

Pour certains, il était un scientifique averti, pour d'autres, rien de plus qu'un marchand d'armes.

Pour sa famille, l'ingénieur Gérald Bull, qui a poursuivi, de 1960 à 1980 dans le secteur de Highwater, des recherches et des essais sur de supercanons à longue portée, l'homme était bien mal connu.

Le Musée de Sutton propose donc pour sa saison 2014 l'exposition Top secret - Gérald Bull - une Expo-canon.

(TVA Nouvelles)

Pour Noémie Gilbert , 80 ans, la conjointe de Gérald Bull, ainsi que pour Robert, Richard, et Kathleen, ses enfants, l'initiative du Musée de Sutton s'avère une occasion de rêve pour lever le voile sur celui dont le nom a été associé tantôt à la CIA, tantôt au conflit en Afrique du Sud, tantôt à l'IRAQ de Saddam Hussein.

Gérald Bull, qui a résidé dans la région pendant une vingtaine d'années, a été assassiné en mars 1990, en Belgique. Le Mossad, la CIA, les services secrets britanniques, des agents iraniens... le mystère plane toujours.

Des spéculations et des demis-vérité qui ont fait mal et amené la famille à se replier, à se protéger... jusqu'à aujourd'hui. «Il y a eu tellement de spéculation, de désinformation», commente Richard. «On est rendus là dans notre processus de deuil, de dire : "Ce serait bien que la vérité sorte"», ajoute Kathleen.

L'Expo-canon portera sur les recherches menées par la Space Research Corporation à Highwater et à la Barbade, entre les années 1960 et 1980 sur de supercanons capables de tirer sur de très longues distances à haute altitude.

«On pense tout de suite : "Canon, ah, c'est pour tuer!" Mais lui, c'était le contraire. Il disait: "Si on est bien, qu'on a des outils sophistiqués, on va empêcher les gens de nous attaquer pour rien".»

Les travaux de Gérald Bull donnaient du travail à pas moins de 300 personnes dans les années 60. Beaucoup des travaux de recherches faits en région valent encore aujourd'hui. «Il y a encore du data de la Space Research ou du projet Harp qui est utilisé aujourd'hui par des scientifiques à travers le monde», souligne Robert.

«Pour moi, c'était un visionnaire», conclut Kathleen.

D'après un reportage de Marcel Gagnon