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Richard Merlini fait le saut avec les libéraux

Jean-Luc Lavallée

L'ancien député adéquiste Richard Merlini renoue avec le Parti libéral. Il sera sur les blocs de départ lors de la prochaine campagne électorale et tentera de ravir la circonscription de La Prairie au caquiste Stéphane Le Bouyonnec, a appris le «Journal de Québec».

La candidature de M. Merlini devrait être officialisée mercredi. À moins d'un revirement, il sera désigné par acclamation lors de l'assemblée d'investiture dans La Prairie puisqu'il n'a aucun opposant.

Il s'agit d'un «retour aux sources» pour l'ex-député qui refuse l'étiquette de transfuge.

«Il était tout à fait naturel après l'élection de Gilles Taillon à la chefferie de l'ADQ que je retourne au Parti libéral parce que je ne me reconnaissais plus dans l'ADQ. Je suis retourné à mes racines, c'est aussi simple que ça. La CAQ avait quelque chose de prometteur, mais je ne "fittais" pas dans le moule», a-t-il confié en entrevue.

«Si vous regardez les trente ans de politique que j'ai, il y en a 25 au Parti libéral et il y en a 5 à l'ADQ alors ça vous donne une idée du poids de l'influence que ça a. Une fois que l'ADQ a terminé sa vie, le point de retour naturel, c'était le Parti libéral, c'est là que j'ai commencé, c'est là que mes racines politiques sont, c'est là que mes idées politiques ont été formées», a ajouté celui qui occupe présentement un emploi de représentant chez Brossard Cadillac.

Élu en 2007, battu en 2008

Richard Merlini avait été attiré à l'ADQ par Mario Dumont et Sébastien Proulx en 2005. Il a su profiter de la vague adéquiste en 2007 pour se faire élire dans le comté de Chambly, avant d'être défait l'année suivante. Il avait ensuite coprésidé la campagne d'Éric Caire à la direction de l'Action démocratique du Québec, en 2009, à la suite du départ de Mario Dumont.

Il a participé au congrès de fondation de la Coalition avenir Québec, mais a ensuite tourné le dos au parti de François Legault. «Il n'y avait plus rien de l'ADQ», a-t-il souligné.

Préoccupé par les enjeux économiques, il dresse un sombre bilan du gouvernement péquiste. «Le sens du devoir m'interpelle à agir, a-t-il ajouté. L'économie périclite au Québec... On ne peut pas continuellement mettre l'épicerie sur la carte de crédit et le Parti québécois le fait beaucoup ces temps-ci en multipliant les annonces. Je m'inquiète pour le sort des jeunes aujourd'hui. Quelle sorte d'emplois nos jeunes vont-ils pouvoir obtenir ?»

Recrutement d'adéquistes

Les libéraux se réjouissent du retour au bercail d'adéquistes ou de caquistes déçus du parti de François Legault. À la fin du mois d'août, le chef libéral Philippe Couillard disait même avoir observé le phénomène sur le terrain.

«Beaucoup de citoyens nous disent : On est très déçus déjà de la performance économique du gouvernement, on ne se retrouve plus nécessairement dans la CAQ, qui n'est plus du tout l'ADQ, et qui ressemble un peu à un succédané du PQ dans les derniers mois.»

L'adversaire caquiste du député de Rivière-du-Loup-Témiscouata Jean D'Amour lors de la dernière campagne, Gaétan Lavoie, s'était lui aussi rallié au Parti libéral, avait souligné M. Couillard.