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L'ONU dépose un rapport accablant

Marie-Hélène Paquin

L'Organisation des Nations unies (ONU) a dépêché un envoyé spécial afin de dresser le portrait des communautés autochtones du Canada. Un rapport plutôt accablant a été déposé cette semaine, et selon le député Romeo Saganash, le constat est réaliste.

Le rapport de l'ONU fait mention de situations déplorables dans plusieurs communautés autochtones du Canada. «Je suis allé partout au pays de par mon rôle, j'ai rencontré plusieurs chefs autochtones à travers le pays et j'ai constaté la même chose. C'est exactement ce que j'ai vu», a expliqué M. Saganash, porte-parole adjoint en matière d'affaires autochtones internationales du NPD.

«N'importe qui ayant un point de vue sur les communautés autochtones du pays est conscient qu'il y a une situation d'urgence, a-t-il ajouté. Quand un rapporteur spécial des Nations unies - qui utilisent habituellement des mots très diplomatiques pour ne froisser personne - emploie le mot "crise", c'est que c'est sérieux.»

Logement

La situation la plus grave semble être celle du logement, puisque plusieurs familles doivent s'entasser à plus de 15 dans des maisons de taille modeste. «Seulement dans les communautés de mon territoire, on a un besoin de 5000 maisons supplémentaires, alors imaginez dans le reste du pays», a affirmé M. Saganash.

Cette situation de surpeuplement entraîne plusieurs problèmes sociaux, dont la violence et la dépendance, mais aussi le suicide. Selon le rapport de l'ONU, un homme autochtone se suicide en moyenne aux six semaines dans certaines communautés. «Quand je suis allé à Kuujjuaq au début de l'été avec mon chef, on a constaté les mêmes choses. Quand tu vis à 17 dans une maison, imaginez les tensions et les problèmes sociaux que cela peut amener», a indiqué le député.

Il faut agir

M. Saganash croit qu'il est du rôle du gouvernement d'agir pour changer les choses. «Ça doit être une priorité pour n'importe quel gouvernement, a-t-il déclaré. Ce sera la priorité du NPD s'il est élu. La première question de M. Mulcair à son retour en Chambre concernait la situation des autochtones.»

Certaines mesures doivent être prises pour améliorer les conditions de vie des premiers peuples. «On n'a pas besoin de réinventer la roue pour s'attaquer aux problèmes et aux défis que représentent ces questions autochtones. On n'a qu'à regarder les exemples que nous avons dans le Nord-du-Québec. Les modèles de coexistence qu'on s'est donnée en 1975 doivent servir d'exemple pour le reste du pays.»