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Seulement 28 % des achats en ligne réalisés au Québec

TVA Nouvelles

En 1999, une petite boutique d’équipements et de vêtements de sports de Montréal, Altitude Sports Plein Air, a créé le premier cybermagasin de plein air en ligne au Canada, Altitude-sports.com.

Aujourd’hui, 70 % des revenus de l’entreprise proviennent du commerce en ligne, et les résultats sont probants : son chiffre d’affaires a quintuplé au cours des cinq dernières années.

« Les PME qui ne sont pas présentes sur Internet se privent d’occasions d’affaires intéressantes », croit le vice-président marketing d’Altitude-sports.com, Maxime Dubois.

« Sur Internet, la plupart des consommateurs commencent par faire une recherche avec des mots-clés dans un moteur de recherche, remarque-t-il. On ne peut pas en vouloir aux Québécois d’acheter sur des sites web étrangers, les entreprises québécoises ne sont pas assez présentes. »

Plus d'un adulte québécois sur deux a acheté en ligne de juillet 2012 à juin 2013, mais seulement 28 % des transactions ont été réalisées sur des sites web québécois comparativement à 40 % sur des sites américains et 14 % sur des sites canadiens, révèle une enquête du Centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations (CEFRIO) rendue publique jeudi.

Pour la billetterie et les spectacles, 66 % du montant dépensé par les cyberconsommateurs a profité à des sites web québécois.

La proportion de dépenses au Québec atteint 39 % pour les livres, revues et journaux, 34 % pour les voyages et hébergement, 23 % pour la mode et accessoires, 8 % pour la musique, films et jeux vidéo, seulement 2 % pour l’électronique.

« Le consommateur veut le meilleur produit au meilleur prix, et dans une économie globale on ne peut l’empêcher d’acheter à l’étranger », convient Claire Bourget, directrice de la recherche marketing au CEFRIO.

« Mais on doit se poser la question : est-ce que nos entreprises sont assez présentes sur Internet ? Il y a encore du travail à faire. »

Pour Claire Bourget, les achats à l’étranger sont synonymes d’occasions manquées de développer une expertise québécoise (commerciale, technologique, marketing, etc.) et de fuite de capitaux.

« Aux gens qui me disent que ne sont pas tous les produits et services qui se prêtent au commerce électronique, je réponds que même les commerces de quartier ont besoin d’Internet pour se faire connaître », déclare Claire Bourget. « Si le client utilise Internet, il faut le rejoindre. »

Une dépense moyenne de 411 $

Parmi les autres faits saillants de l’enquête du CEFRIO, on note que les achats les plus populaires sur Internet sont la mode (23 % des cyberacheteurs ont acheté au moins un article de mode en 2012-2013), l'électronique (22 %) ainsi que la musique, films et jeux vidéo (22 %). Dépense moyenne : 411 $.

Les ordinateurs de table et portable demeurent les appareils les plus utilisées par les cyberacheteurs québécois (à 47 et 42 %). Une minorité (8 %) des achats a été effectuée depuis un appareil mobile.

L’enquête a été menée mensuellement par Léger Marketing, de juillet 2012 à juin 2013, auprès de 500 cyberacheteurs québécois différents chaque mois.