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Alcoa : Parizeau inquiet pour l’aluminium québécois

TVA Nouvelles

 

L’ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau a déclaré lundi qu'il faut prendre au sérieux la menace d'Alcoa de fermer ses trois usines québécoises, car le Québec a perdu son avantage concurrentiel : « le grand avantage qu’on avait au Québec pour la production d’aluminium, l’abondance d’hydroélectricité à des prix très bas, est disparu ».

« Toute l’expansion de l’industrie de l’aluminium se fait ailleurs qu’ici », a-t-il ajouté. Le Québec ne représente plus que 6 % de la production mondiale.

« Dans le golfe persique, en cinq ans, on a construit l’équivalent de toute la production du Québec. En cinq ans ! Il y a un risque que nous soyons marginalisés, si on maintient nos tarifs d’électricité trop élevés par rapport à la concurrence », a déclaré l’ancien premier ministre.

Il estime que le gouvernement Marois n’a aucun intérêt à « faire traîner les négociations » avec Alcoa : « Le gouvernement doit céder. »

Trop coûteux au Québec

Dans un commentaire publié lundi matin par Le Journal de Montréal, Jacques Parizeau fait remarquer que le coût de l'électricité va augmenter sensiblement en 2015 et que l'avantage qu'elle procurait va alors s'évaporer.

Une opinion partagée par nombre de spécialistes de l’énergie, qui soulignent notamment que les bas prix du gaz naturel, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, favorisent les alumineries au détriment de producteurs d'électricité comme Hydro-Québec.

Le président de l’Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard, a déclaré à ARGENT lundi qu’Alcoa peut certainement mettre la clef sur la porte au Québec, même s’il y a une part de bluff dans le bras de fer qui l’oppose au Québec.

Les fermetures d’alumineries de multiplient dans plusieurs pays depuis cinq ans, car il y a surcapacité de production, a remarqué Jean Simard. « Quand il y a trop de capacité, qu’est-ce qu’on fait ? On ferme les capacités qui coûtent le plus cher à faire tourner. Le président d’Alcoa pour le monde entier, dans une conférence faite pour les marchés financiers pas plus tard que la semaine dernière, a confirmé que l’entreprise ne continuera pas à faire tourner les alumineries québécoises au tarif L », celui de la grande industrie.