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Des centaines de manifestants s'y opposent

Eric Mondou

Quelques centaines de personnes se sont réunies à l'entrée du parc national d'Oka, dans les Laurentides pour manifester leur opposition à l'exploitation des sables bitumineux, samedi en début d'après-midi.

Plus d'une centaine d'autres manifestations se déroulaient simultanément aux quatre coins du Canada afin de dénoncer les politiques énergétiques du gouvernement Harper et souligner son inaction dans la lutte aux changements climatiques.

Ces nombreuses protestations étaient menées alors que les dirigeants du monde sont réunis en Pologne pour discuter des engagements internationaux sur le climat.


(Crédit photo: Agence QMI)

Organisé par la communauté mohawk de Kanesatake, l'événement a réuni plusieurs organismes écologiques et autochtones du Québec. Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace Canada, a été un des premiers à prendre la parole.

«Aujourd'hui, on est en train de bloquer le gouvernement Harper qui est un véritable paria de la lutte aux changements climatiques», a-t-il indiqué sous les applaudissements nourris des gens réunis.

Le gouvernement Marois a lui aussi été la cible du porte-parole de l'organisation environnementale.

«Le gouvernement Marois est en train de laisser passer les projets de pipeline et d'encourager l'exploitation du pétrole de schiste, a scandé M. Bonin. Nos gouvernements sont assaillis par l'industrie pétrolière et sont en train de se faire dicter leur agenda par cette industrie.»


(Crédit photo: Agence QMI)

Ce dernier a appelé la population du Québec à se lever comme elle l'a fait contre les projets du gaz de schiste et du Suroît. «Plus de 130 communautés se sont levées partout au Canada et c'est certain que ce n'est qu'un début», a-t-il fait savoir.

Les projets d'inversion de la ligne 9 d'Endbridge et d'implantation d'un nouvel oléoduc de TransCanada ont reçu de virulentes critiques de la part des participants.

Revendications autochtones

Organisé sur le site du parc national d'Oka, territoire ancestral mohawk revendiqué encore aujourd'hui par la communauté de Kanesatake, l'événement a reflété les préoccupations des autochtones. Tour à tour, les intervenants qui ont pris le micro ont appuyé les revendications de la communauté vivant à proximité de la municipalité d'Oka.

«Nous devons collectivement reconnaître que ce territoire est un territoire mohawk et que les Mohawks ont des droits qu'ils peuvent à juste titre souverainement réclamer», a déclaré à la foule le député de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir.

La mobilisation s'est déroulée sans heurts, dans une ambiance bon enfant. Après environ une heure de discours, les manifestants se sont dirigés vers la route 344, l'instant d'une danse traditionnelle autochtone, ce qui a amené les patrouilleurs de la Sûreté du Québec à bloquer la route une dizaine de minutes.

Les manifestants ont ensuite regagné eux-mêmes le terrain de l'entrée du parc ou chants et danses se sont poursuivis.