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Le chalet de Richard Bain vandalisé à la hache

Michael Nguyen

Pendant qu'il attend son procès derrière les barreaux, Richard Henry Bain a dû faire face à des vandales qui s'en sont pris à son chalet. Les dommages ont causé un déversement d'huile, et c'est l'accusé qui a dû payer la majeure partie de la décontamination du cours d'eau adjacent.

Cette révélation a été faite dans le cadre d'une requête de son nouvel avocat, Me Jean-Marc Tremblay. Car après plus d'un an de recherches et un appel du Barreau à tous les procureurs de la province, il semble bien qu'un avocat ait accepté la tâche de défendre le tueur allégué du Métropolis.

Sauf qu'il reste un point en litige, et c'est la rémunération de l'avocat, car l'accusé de 63 ans n'est pas admissible à l'aide juridique. Il clame toutefois être trop pauvre pour se payer un avocat.

Me Tremblay a donc accepté de défendre Bain, mais à la condition que l'état allonge les frais de défense. Dans sa requête déposée en Cour supérieure, il demande «au minimum» les mêmes frais que ceux offerts dans le cadre de méga-procès.

Vandalisme de 57 000$

Selon le document de Cour dont le Journal de Montréal a obtenu copie, Richard Bain n'a pas un sou. C'est qu'au soir de la victoire du Parti québécois le 4 septembre 2012, Richard Bain ne recevait qu'une pension de la Régie des rentes du Québec, totalisant 46 906$ annuellement.

Mais des imprévus à son chalet de La Conception sont survenus pendant son incarcération, allègue l'avocat.

«Le branchement du réservoir d'huile à chauffage a été sectionné et des fissures sur le toit de sa résidence ont aussi été pratiquées volontairement par des brigands à l'aide d'une hache», peut-on lire dans la requête.

Les méfaits ont ainsi causé un déversement d'huile dans le cours d'eau environnant, et le ministère de l'Environnement du Québec, ainsi que la municipalité, ont dû prendre des mesures d'urgence de décontamination.

La facture totale s'est élevée à 57 000$, et Bain a dû payer 36 000$. Selon la requête, Bain doit maintenant 18 000$ à l'entrepreneur en décontamination et 18 000$ empruntés à son frère, selon la requête.

Défense «complexe»

Selon Me Tremblay, Bain a nécessairement besoin d'un avocat à cause de la «complexité de la cause».

C'est que Bain fait face à 16 accusations, dont celle de meurtre prémédité contre Denis Blanchette, un technicien de scène présent au Metropolis le soir où Pauline Marois est devenue première ministre du Québec.

Il est aussi accusé de tentative de meurtre de Dave Courage, un autre technicien de scène, du sergent Stéphane Champagne et de 10 autres personnes. Il fait aussi face à des chefs d'incendie criminel et de plusieurs autres accusations liées aux armes à feu.

«Force est de constater qu'il s'agit d'une affaire fort complexe, qui nécessite des connaissances pointues pour y faire face, soutient Me Tremblay. (Bain) ne possède pas les connaissances, le savoir et les capacités intellectuelles afin de formuler ses arguments au juge du procès et par la suite, plaider sa cause après du jury.»

Nombreux documents

Me Tremblay reviendra à la Cour le 11 décembre prochain. C'est qu'il y a des discussions avec le procureur général du Québec concernant cette requête et l'avocat doit fournir de nombreux documents.

À ce moment, une date d'audience sera fixée pour débattre sur les frais d'avocats que l'État pourrait débourser.

Mais Me Tremblay s'est plaint au juge Jerry Zigman de la quantité de documents à fournir, évaluée à 75.

«Fournissez-en le plus possible, pas forcément 75, mais assez pour que le procureur général puisse prendre une décision», a répliqué le magistrat.

La conférence préparatoire, où une date de procès sera fixée, a pour sa part été reportée. Notons que la défense évalue la durée du procès à quatre mois, et qu'une cinquantaine de verdicts possibles pourraient être présentés.

La requête a été rédigée en français, bien que l'accusé soit anglophone et qu'il réclame un procès en anglais, comme c'est son droit.

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