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Les entreprises s'inquiètent pour leur compétitivité

Michel Morin

La hausse des tarifs d'électricité réclamée par Hydro-Québec ne passe pas autant du côté des consommateurs que de celui des entreprises.

Vendredi, les audiences de la Régie de l'énergie sur l'augmentation des tarifs d'électricité ont débuté à Montréal. La société d'État souhaite augmenter ses tarifs de plus de 5,8%, soit cinq fois l'inflation, ce qui constituerait la plus forte augmentation depuis 20 ans.

Il n'y a pas que les consommateurs qui trouvent la pilule difficile à avaler. Après la menace d'Alcoa de fermer ses trois alumineries au Québec, voilà que d'autres entreprises souhaitent qu'Hydro introduise des contrats à partage de risques comme ce fut le cas dans les années 90.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Pierre Ducharme, qui dirige l'usine Olin spécialisée dans la fabrication de chlore et de soude caustique à Bécancour, parle des tarifs d'électricité au Québec comme d'une «boîte à surprise».

Pour son usine, l'électricité représente 60% de ses coûts. Du coup, Olin deviendrait de moins en moins compétitive avec l'augmentation des tarifs d'électricité.

«On voit déjà l'impact avec la présence de la hausse annoncée. On voit un ralentissement de nos commandes», affirme M. Ducharme.

Non seulement il est frappé par l'augmentation des tarifs d'électricité, mais ses compétiteurs américains, eux, bénéficient de l'arrivée massive des gaz de schistes et d'une chute de leurs coûts d'électricité de 50%.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

«Là où sont les industriels, il y a eu un effet marqué à la baisse du coût d'approvisionnement de leurs usines», d'ajouter le directeur.

Olin, comme les alumineries, voudrait un contrat à partage de risques qui soit en harmonie avec la conjoncture économique.

«Lorsque les marchés sont déprimés, lorsque notre clientèle ne peut payer plus cher et absorber la tarification québécoise, il y a un ajustement possible de ce côté-là et, en période de prospérité, on serait prêt à payer plus», explique-t-il.

En septembre dernier, en offrant des tarifs d'électricité moins élevés aux nouveaux investisseurs, le gouvernement Marois a reconnu implicitement que le tarif L facturé à la grande industrie était désormais trop élevé pour attirer de nouveaux investisseurs.

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