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Les forestières pourront produire plus d'énergie

Michel Morin

EXCLUSIF - Même si Hydro-Québec se trouve en situation de surplus d'énergie, le gouvernement Marois vient de prolonger d'un an l'offre faite aux compagnies forestières d'augmenter de 300 mégawatts (MW) leur capacité de production d'électricité. C'est ce qu'a appris notre Bureau d'enquête.

Cette décision, qui pourrait ajouter 116 mégawatts aux 184 mégawatts déjà contractés par neuf papetières, est dénoncée par les consommateurs parce qu'elle aura pour effet d'augmenter encore la facture d'électricité des 4 millions de clients d'Hydro-Québec pour une énergie dont la société d'État n'a pas besoin.

Les compagnies forestières pourront donc produire encore plus d'énergie avec des usines de cogénération. Discrètement le gouvernement Marois vient de prolonger par décret un programme de production électrique avec de la biomasse forestière.

Une situation que dénonce l'Union des consommateurs. Selon Marc-Olivier Moisan-Plante, porte-parole de l'Union des consommateurs, «c'est une grande déception pour les consommateurs. Nous, on estime que cette électricité là n'est pas nécessaire afin de répondre aux besoins des Québécois. Cela va engendrer un surcoût annuel d'environ 70 millions de dollars pour les consommateurs.»

«On parle de surplus qui vont totaliser, d'ici 2027, environ 1 milliard de dollars», relativement à l'approvisionnement à partir du bloc patrimonial d'électricité, soutient le porte-parole de l'Union des consommateurs.

Les péquistes comme les libéraux avant eux disent vouloir «favoriser la compétitivité des entreprises situées dans les régions».

Les compagnies forestières auront donc 12 mois de plus pour construire 116 MW de production électrique. C'est l'équivalent de 58 nouvelles éoliennes de 2 MW chacune.

Cet automne le gouvernement Marois avait aussi offert aux promoteurs éoliens 450 nouveaux mégawatts (MW), soit 225 nouvelles éoliennes qui sont maintenant contestées devant la Régie par la grande industrie parce qu'ils contribuent à augmenter les surplus d'énergie.

«On va demander à la Régie de l'énergie de ne pas reconnaître, dans les tarifs, les coûts associés à des approvisionnements engagés inutilement en toute connaissance de cause par le gouvernement», souligne le porte-parole de l'Union des consommateurs.

En février dernier le gouvernement Marois avait supprimé le programme des petites centrales qui disait-on coûtait trop cher aux consommateurs. Maintenant le même gouvernement prolonge un programme, qui comme l'éolien, qui coûte encore plus cher aux consommateurs que les mini-centrales.

La ministre Martine Ouellet a refusé toute entrevue.