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Un propriétaire délinquant subventionné par la Ville

Yves Poirier

EXCLUSIF - Un propriétaire délinquant d'un immeuble à logements à Montréal aura droit, croyez-le ou non, à l'aide financière des contribuables pour rénover un appartement insalubre pour lequel la Régie du logement l'a récemment condamné.

(Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles)

En effet, dans une lettre, datée du mois de septembre, obtenue par TVA Nouvelles, la Direction de l'habitation de la Ville de Montréal écrit que le propriétaire du 7905 avenue Querbes, dans l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Kujtim Canaj, a présenté à la Ville une demande de subvention à la rénovation résidentielle dans le cadre du programme Rénovation Québec. On ajoute qu'une fois les travaux terminés, la subvention serait versée.

(Crédit photo: Gracieuseté, Rapport d'inspection de la Ville de Montréal)

Or, Monsieur Canaj a été condamné au cours des derniers mois à deux reprises par la Régie du logement, une fois en avril et plus récemment en septembre.

«Il a perdu sur toute la ligne. Il a perdu deux fois, une première fois en avril, avant son évacuation» affirme André Trépanier du Comité d'action de Parc-Extension.

Dans la première décision, le tribunal administratif condamne notamment le propriétaire à payer au locataire, Tejinder Singh, la somme de 500 dollars en raison de l'état délabré des lieux et parce que Monsieur Singh et sa famille ont été forcés de quitter le logement, l'été dernier, parce que des travaux s'imposaient.

Dans l'autre décision du mois de septembre, la Régie du logement condamne le propriétaire à verser une somme additionnelle de 2000 dollars au locataire tout en ordonnant à Kujtim Canaj d'effectuer une série de travaux dans la cuisine, dans la salle de bain et dans le vivoir.

En réaction à la subvention versée au propriétaire délinquant, André Trépanier, du Comité d'action de Parc-Extension, est indigné. «Il reçoit comme un genre de subvention à la délinquance, en étant subventionné pour faire des travaux que les inspecteurs et la Régie du logement lui ordonnent de faire» affirme André Trépanier.