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2013, année la plus meurtrière du conflit

TVA Nouvelles

L'année 2013 a été la plus sanglante depuis le début du conflit en Syrie avec plus de 73 000 morts selon une ONG, et les combats ne connaissent aucun répit, loin de toute perspective de règlement.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a fait état mercredi de ce bilan, a accusé «la communauté internationale d'être complice du bain de sang en Syrie» en raison du «manque d'action sérieuse» pour faire cesser cette guerre.

«2013 a été l'année la plus sanglante depuis le début de la révolution» le 15 mars 2011, avec «73 455 morts» dont plus de 22 000 civils, a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

(Reuters)

Mardi, l'ONG, basée au Royaume-Uni et qui se base sur un large réseau de sources civiles, médicales et militaires, a annoncé un bilan global de plus de 130 000 morts depuis le début des violences, dont 7000 enfants.

Mercredi, le régime a poursuivi son offensive aérienne sanglante sur les secteurs rebelles d'Alep, tuant au moins cinq personnes dans cette métropole septentrionale visée par «des barils d'explosifs» largués à partir d'avions depuis le 15 décembre, selon l'OSDH.

La veille, un obus tiré par l'armée sur un bus dans la ville avait fait au moins 17 morts, d'après l'ONG.

La guerre continue de faire rage à trois semaines de la tenue prévue le 22 janvier en Suisse d'une conférence de paix censée trouver une issue au conflit.

Au départ pacifique, la révolte s'est transformée en guerre civile après avoir été brutalement réprimée. Des déserteurs et des civils ayant pris les armes ont formé une coalition rebelle avant d'être pris de vitesse par des groupes jihadistes.

La coalition de l'opposition syrienne a accusé l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) d'être «étroitement lié» au régime de Bachar al-Assad, la première critique du genre de cette coalition citant nommément l'EIIL.

«Le meurtre de Syriens par ce groupe ne fait plus aucun doute sur les motivations derrière sa création, ses objectifs et les agendas qu'il sert, ce qui confirme la nature de ses activités terroristes et hostiles à la révolution syrienne», a-t-elle affirmé dans un communiqué, en appelant tous les rebelles ayant rejoint l'EIIL à abandonner ses rangs.

Ces accusations ont été portées en réaction à la torture et au meurtre par l'EIIL d'un médecin rebelle membre du groupe «Ahrar al-Cham» dans le nord de la Syrie, selon l'opposition et l'OSDH.

(Reuters)

En septembre, l'opposition avait accusé les jihadistes d'avoir «volé» la révolution, sans citer directement l'EIIL, un groupe qui a fait allégeance à Al-Qaïda.

Récemment, la Coalition a accusé l'EIIL de ne plus combattre le régime et de faire la guerre aux rebelles et aux civils. Mais selon l'OSDH, ce groupe continue de combattre le régime près de Damas et dans le Nord.

Le pouvoir en Syrie affirme quant à lui combattre des groupes «terroristes» financés par l'étranger.

Enfin, le corps d'un commandant du Hezbollah chiite, tué en Syrie par les rebelles et introuvable depuis des mois, a été retrouvé mutilé et rapatrié au Liban, a affirmé sa famille.
Le mouvement armé libanais combat aux côtés de l'armée syrienne les rebelles qui tentent depuis près de trois ans de renverser le régime de Bachar al-Assad.

Selon ses proches, Hussein Salah Habib avait été capturé à Qousseir (centre), important bastion rebelle tombé le 5 juin aux mains de l'armée avec le soutien du Hezbollah. Il a été inhumé à Baalbeck (est du Liban).

Seul parti libanais disposant d'un puissant arsenal, le Hezbollah affirme que sa lutte aux côtés du régime syrien vise à combattre des «extrémistes» sunnites.