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Mobilisation contre la fluoration de l'eau

Claudia Berthiaume

Le dossier de la fluoration de l'eau potable n'est toujours pas réglé à Trois-Rivières. Alors que les élus municipaux devraient se prononcer sur la question lundi prochain, des militants unissent leurs forces sur le terrain afin de convaincre le conseil d'abandonner définitivement cette mesure. Leur sortie ne fait cependant pas l'unanimité.

L'eau trifluvienne contenait du fluor depuis les années 1960. Mais, en 2008, en raison de travaux majeurs effectués à l'usine de filtration, cette pratique a été suspendue et c'est toujours le cas aujourd'hui.

La présidente de la Coalition Eau Secours! était de passage à Trois-Rivières, jeudi, pour appuyer la Coalition Trifluvienne pour une Eau Très Saine (CTETS) dans sa démarche visant à convaincre les élus municipaux de ne pas fluorer l'eau à nouveau.

L'organisme demande au maire Yves Lévesque et aux 16 conseillers de voter un moratoire permanent sur la fluoration de l'eau en attendant que le gouvernement trouve des solutions alternatives. «Les échevins n'ont pas les compétences nécessaires pour prendre une telle décision et ils ne doivent pas en porter l'odieux», a lancé le porte-parole de la CTETS, Jean-Marc Meis.

Plus nocif qu'autre chose

Les deux coalitions soutiennent que l'eau potable ne devrait jamais transporter un «médicament». «La fluoration a un seul but: stopper la carie dentaire. Nous pensons que la substance n'atteint pas le but visé. On en met dans 100% de l'eau, mais moins de 1% passera dans la bouche des enfants», a expliqué Martine Chatelain, présidente de la Coalition Eau Secours!.

«On ajoute le chlore pour traiter les bactéries et pour éviter que les gens n'aient d'autres maladies. On ajoute le fluor pour traiter les gens, contre leur gré, c'est une autre histoire», a indiqué Gilles Parent, naturopathe et coauteur du livre «La fluoration: autopsie d'une erreur scientifique».

De plus, le fluorure utilisé dans l'eau potable serait plus chimique qu'on le pense, si l'on en croit le regroupement. «C'est écrit sur les sacs que le produit est toxique et impropre à la consommation humaine», a précisé Mme Chatelain.

Si la Coalition Eau Secours! s'oppose à la fluoration, elle propose tout de même des solutions alternatives pour contrer la carie chez les enfants, entre autres diminuer le sucre dans les boissons et ramener la gratuité des services dentaires pour les moins de 18 ans.
Plusieurs villes québécoises ont déjà pris position contre le procédé, dont Shawinigan et Bécancour dans la région.

Le revers de la médaille

Un dentiste de Trois-Rivières ne partage pas du tout l'avis de la Coalition. «Les gens parlent du fluor comme un poison dangereux comme l'arsenic. On sait bien que le chlore aussi est un poison, mais qu'avec la quantité utilisée dans l'eau, c'est thérapeutique. C'est la même chose pour le fluor», a déclaré le Dr André Marchand, à TVA Nouvelles.

Plus encore, celui qui possède 38 ans d'expérience dans le métier a constaté une baisse de la santé dentaire des enfants trifluviens depuis que la fluoration de l'eau a cessé. «J'ai remarqué qu'on est obligé de faire des traitements plus invasifs sur les dents primaires. Les enfants de quatre à six ans ont plus de caries, des caries plus grosses et des caries entre les dents, ce qu'on ne voyait pas avant», a-t-il détaillé.

La direction de la santé publique tiendra, quant à elle, un point de presse vendredi «pour recadrer certains propos véhiculés auprès de la population.»