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Tarifs d’électricité : Entente conclue chez Alcoa

TVA Nouvelles

Une entente a été conclue avec les trois alumineries d'Alcoa au Québec concernant les tarifs d'électricité d'Hydro-Québec sauvant ainsi des milliers d'emplois.

Les négociations ont été entreprises à la fin de 2013, quand Alcoa (AA) a menacé de fermer ses trois alumineries du Québec d'ici la fin de 2014 si elle n'arrivait pas obtenir une réduction des tarifs pour abaisser ses coûts.

«Nous voulons utiliser cette nouvelle entente comme tremplin pour faire du Québec un leader mondial des transports électriques, a indiqué la première ministre Pauline Marois. L'entreprise fournira son savoir-faire pour la conception de véhicules allégés grâce à l'aluminium, en participant entre autres au développement et à la croissance de projets parrainés par nos centres d'expertise.»

L’entente conclue avec Hydro-Québec prévoit un tarif de 3,3 cents le kWh.

Si la multinationale passait au tarif L, soit 4,7 cents le kWh, la facture d’électricité des trois alumineries d’Alcoa au Québec aurait bondi d’environ 60 % passant de 350 millions $ à 570 millions $.

La multinationale obtient, comme elle le souhaitait, des contrats à partage de risque qui évolueront à la hausse en fonction du prix mondial de l'aluminium.

«L'entente aidera Alcoa à abaisser son positionnement sur la courbe des coûts mondiaux de l'aluminium tandis que l'optimisation du centre de coulée de l'Aluminerie de Baie-Comeau permettra de mieux répondre à la demande croissante d'aluminium destiné au marché de l'automobile nord-américain», a souligné de son côté Bob Wilt, président d'Alcoa Groupe Produits primaires mondial.

Les contrats sont d'une durée de 15 ans dans le cas des alumineries de Bécancour et de Deschambault, et de 21 ans pour l'aluminerie  de Baie-Comeau.

Plus de 3300 emplois directs et plus de 7700 emplois indirects sont concernés par cette annonce dans les trois alumineries du groupe.

Alcoa c'est trois des neuf alumineries du Québec. L’entreprise consomme plus d'électricité que toutes les usines de pâtes et papier de la province.

Avec cette entente, Alcoa s’engage à investir, au cours des cinq prochaines années, plus de 250 millions $ dans ses alumineries québécoises pour améliorer leur productivité.

Le projet de modernisation de l'Aluminerie de Baie-Comeau, soit l'ajout d'une nouvelle série de cuves en remplacement des défuntes cuves Söderberg, n'est plus prévu en vertu de ce nouvel accord à long terme. 

L'usine de Baie-Comeau servira notamment à approvisionner les constructeurs automobiles qui ont annoncé récemment leur intention d'introduire davantage d'aluminium dans leurs véhicules.

Une bonne affaire pour Alcoa

L'analyste indépendant en énergie, Jean-François Blain, estime que si Québec retire des avantages clairs de cette entente, c'est Alcoa qui en sort davantage gagnante.

«Quand on considère que les trois alumineries du groupe Alcoa consomment de 12 à 13 térawattheures d'électricité par année (…), le gouvernement est pris entre deux maux, à choisir le moindre, soit exporter cette électricité-là dans un marché extérieur dont les prix sont effondrés à un niveau d'à peu près 3,5 cents le kilowattheure, soit consentir des tarifs à rabais et, à tout le moins, garder des emplois au Québec et en tirer des revenus de fiscalité.»

Selon M. Blain, le rabais tarifaire représente une valeur de 210M$ par année pour la durée de l’entente, ce qui est bien davantage que les investissements de 250M$ attendus par Alcoa au cours des cinq prochaines années

Pour lui, l’investissement d’Alcoa est très peu élevé.

«C'est l'équivalent de deux années et demie de ce qu'on offre en termes de rabais tarifaire sur la durée des ententes. Et ça correspond à peu près à une subvention par emploi de l'ordre de 65 000$ dollars par année par emploi. C’est certainement avantageux pour Alcoa».

Pour sa part, la pdg de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, estime qu’il était nécessaire pour le gouvernement de procéder à une analyse rigoureuse et de tenir compte de la compétitivité d’autres juridictions.

«Les alumineries sont ancrées ici et ont toujours eu un partenariat avec la communauté québécoise. Si les prix (de l’électricité) ne sont plus avantageux, (…) elles vont sentir le besoin d’aller ailleurs et pas seulement dans des contrées lointaines», alors que la fracturation a permis aux États-Unis d’accroître sa capacité énergétique.

 

 

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