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Quatre ans d'enfer en prison au Panama

TVA Nouvelles

Sandra Mallon a passé plus de quatre ans dans une prison du Panama après avoir été condamnée pour trafic de drogues. De retour au Québec depuis quelques semaines, elle s'est confiée en exclusivité à TVA Nouvelles sur l'enfer de son emprisonnement et sur son innocence.

(TVA Nouvelles)

«Je ne réalise pas encore (...) Je n'ai plus rien, j'ai tout perdu. Et quand je dis "tout perdu", ce n'est pas juste matériel, mais c'est le côté émotionnel», raconte, des sanglots dans la voix, Mme Mallon qui est sortie il y a quelques jours du centre de détention de Joliette où elle était incarcérée depuis son retour au pays en décembre dernier.

«Tu perds le respect, ta dignité. Tu te fais démolir physiquement, moralement, mentalement.»

Insalubrité, malnutrition, surpopulation, la femme de 46 ans décrit des conditions de détention très difficiles.

«Quand je ne dormais pas la nuit, je m'amusais à compter les coquerelles sur les murs. Les morceaux de béton tombaient du plafond, il pleuvait sur ma tête (...) La santé en a pris un coup. On a tenté de m'empoisonner, j'ai encore des séquelles à l'estomac», détaille-t-elle.

Au cœur des émeutes de 2012

Mais l'épisode le plus douloureux pour Mme Mallon reste encore les violences qui ont sévi dans le pays en octobre 2012 et qui se sont transportées jusque dans la prison où elle était détenue.

«Les cicatrices émotionnelles et psychologiques ne guériront jamais. Les nuits, je ne dors pas. Dès que je ferme les yeux, il y a des scènes qui me reviennent: les émeutes, les "poignardages", le sang qui coule tous les jours. Il y a même une femme qui est morte dans mes bras», relate-t-elle.

(TVA Nouvelles)

Elle explique avoir vu des femmes se faire tirer dessus, d'autres essayer de s'évader, alors que la police tentait de mater le tout en tirant sur la foule.

«Durant l'émeute politique, une Panaméenne s'est approchée pour avoir mes sous. J'ai dit non. Elle avait un couteau et elle allait me poignarder au thorax. J'ai eu juste le temps de ramasser un bâton et de la frapper sur le côté de la tête. Je n'en suis pas fière (...) Honnêtement, je pensais y laisser ma peau.»

Sandra Mallon devra respecter plusieurs conditions jusqu'à sa libération complète en avril 2016. D'ici là le ne devra pas être en contact avec des personnes qui ont un casier judiciaire ou qui sont reliés au milieu de la drogue.

Elle souhaite maintenant écrire un livre pour partager son histoire et faire reconnaitre son innocence.

«Depuis le premier jour, j'ai crié mon innocence et j'ai été ignorée. Je n'abandonnerai pas. Je vais finir mon combat. Je veux des excuses publiques.»

- avec la collaboration d'Audrey Gagnon