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Il savait que Dalila Awada n'est pas radicale

TVA Nouvelles

L'administrateur de Poste de Veille Philippe Magnan savait que Dalila Awada, une jeune étudiante féministe qui avait milité en faveur d'accommodements en matière de signes religieux, n'était en aucune manière reliée à des islamistes radicaux et qu'il l'a quand même associée à ces milieux par intérêt pour son site internet.

C'et ce que révèle la bande sonore d'une conversation entre Philippe Magnan et Rémi Bourget, de Québec Inclusif, que notre Bureau d'enquête a obtenue en exclusivité.

Rappelons qu'à l'automne dernier, en plein cœur du débat entourant le projet de charte de la laïcité du Parti québécois et l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires qui avait déchiré le Québec, Dalila Awada est apparue dans plusieurs médias pour défendre le port du foulard, notamment.

Philippe Magnan (Capture d'écran TVA Nouvelles)

La jeune militante souhaitait aussi mettre en en garde contre l'exclusion que de telles interdictions pourraient créer chez les membres de certaines communautés.

Mme Awada était alors devenue une cible régulière du site internet Poste de Veille, site qui prétend être «pour la liberté, contre la charia». Elle y était dépeinte comme une islamiste radicale menaçant les valeurs québécoises.

Or, dans l'enregistrement qui sera déposé à la cour, on entend M. Magnan admettre que Mme Awada n'a pas d'affiliation islamiste et n'est pas une musulmane radicale.

«Moi, je connais des gens qui la connaissent et qui m'on dit qu'il n'y a rien d'islamiste avec elle. Moi je le sais Dalila elle, c'est pas une islamiste», déclare-t-il.

Alors que Rémi Bourget la défend et ajoute que les intégristes haïssent encore plus Mme Awada que M. Magnan ne peut le faire, ce dernier reconnaît qu'elle ne lui sert au fond que de bouc-émissaire pour faire mousser ses opinions sur son site.

«Je sais qu'elle milite pour son point de vue. C'est là mon problème. Si je suis coupable de quelque chose, c'est d'avoir instrumentalisé Dalila», ajoute Magnan.

La semaine dernière, Dalila Awada a décidé de poursuivre en diffamation pour 120 000 dollars Philippe Magnan, le responsable du site internet Poste de Veille, l'ex-candidate défaite du Parti Québécois Louise Mailloux ainsi que les Amis de Vigile.

D'ailleurs, Dalila Awada, de confession musulmane, sera défendue devant la loi par la célèbre avocate d'origine juive Anne-France Goldwater.

*D'après le reportage de Michel Morin

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