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Le Québec perd la bataille du tourisme américain

TVA Nouvelles

Le Québec perd la bataille pour attirer les voyageurs américains même si leur appétit pour l'étranger est grandissant. L'industrie pourrait mieux vendre les villes.

Lors de ses Assises du tourisme, tenues mardi à Laval, l'industrie s'est penchée sur la diminution de 0,2% à 2,39 millions de visiteurs américains en 2012. Leurs dépenses ont rétréci de 3,5% à 1,03 G$ parce que les séjours ont été plus courts.

Pourtant, les Américains voyagent plus selon les données compilées par Washington. Les visites à l'étranger ont monté de 3% pendant la même année, incluant une hausse de 3% au Canada.

Les promoteurs font fausse route, avance John DiStefano, directeur principal de la recherche de la société américaine PhoCusWright.

M. DiStefano a fait la lumière là-dessus avec un sondage effectué auprès de plus de 6000 répondants. Environ 7% des Américains ont indiqué que le Canada est la première destination qui leur vient en tête, deux points devant les attraits de Disney et un point derrière New York.

«Les Américains veulent aller au Canada bien avant qu'ils ne fassent leurs réservations de voyage, explique M. DiStefano. C'est la traduction du rêve vers la réservation qui est importante.»

La sophistication des villes ne frapperait pas leur imaginaire, influencé par d'autres messages. Seulement 22% des Américains se souviennent d'une publicité canadienne. La nature et le froid ressortent.

«J'ai été à Montréal et à Québec, poursuit M. DiStefano. Je crois que l'attrait urbain est fort mais ce n'est pas ce que nous avons trouvé pendant nos recherches. Mais une fois que vous les avez visitées, vous êtes fébrile.»

Vendre les villes

Il est temps de corriger le tir, réagit Paul Arsenault, titulaire de la chaire tourisme à l'UQAM. «Environ 85% de leurs voyages se font dans les grandes villes mais nous mettons encore en valeur les grands espaces et les chutes de Niagara.»

Il suggère de cibler les amateurs de vie urbaine, qui sont très présents sur le Web et les médias sociaux.

On peut plaire aux voyageurs en livrant l'exotisme et le divertissement recherché, rappelle Gilbert Rozon, président du comité aviseur de l’Association québécoise de l'industrie touristique et président-fondateur Groupe Juste pour rire.

«Une ville qui a une double culture comme Montréal, c'est distinctif, illustre M. Rozon. On devrait se rendre compte que c'est notre plus grand actif. Il faut aussi vendre que nous avons un hiver sérieux, un printemps excitant, un été chaud et humide. Il faut être curieux pour venir à Montréal.»

Pedro Antunes, économiste en chef adjoint au Conference Board du Canada, affiche son optimisme. «Nous sommes 35% en-dessous du niveau de 2002 pour le nombre de visiteurs. Il y a un marché potentiel à reprendre.»

Les ménages américains ont amélioré leur sort et la baisse du dollar canadien leur donne un plus grand pouvoir d'achat, ajoute M. Antunes. «C'est un avantage concurrentiel. Je pense que le message de la Banque du Canada est clair. [...] Le dollar devrait rester là où il est.»