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Possible favoritisme gouvernemental

Michel Morin

Après la contestation entourant la cimenterie de Port-Daniel, une deuxième usine soutenue par le gouvernement Marois est maintenant controversée pour les mêmes raisons.

En janvier dernier, l'ancienne première ministre Pauline Marois annonçait la construction d'une nouvelle usine de silicium au coût de 375 millions de dollars, avec un congé d'impôt de dix ans, une baisse du tarif d'électricité de plus d'un cent et la participation jusqu'à 30 millions de dollars d'Investissement Québec.

Dans une lettre adressée au premier ministre Philippe Couillard, dont notre Bureau d'enquête a obtenu copie, la direction de Silicium Québec, dont l'usine est située dans le parc industriel de Bécancour, soutient que la future usine espagnole de FerroAtlantica supportée par les contribuables et les clients d'Hydro-Québec ne sera pas rentable.

(TVA Nouvelles)

«Il y a une grande surcapacité au niveau mondial dans la production de silicium et il y a déjà présentement une usine en construction aux États-Unis», explique le PDG de Silicum Québec, René Boisvert.

Et comme dans le cas de la cimenterie de Port-Daniel, des emplois pourraient être mis en danger.

«Soit les emplois sont ici, soit ils sont dans une nouvelle usine», croit M. Boisvert.

Silicium Québec aimerait que ce soit le marché qui décide, sans risques pour les contribuables et les emplois. Dans un marché très concurrentiel, l'usine a changé trois fois de propriétaires depuis 10 ans.

Il faut rappeler qu'il y a à peine deux ans, FerroAtlantica avait refusé d'acheter cette usine de silicium du parc industriel de Bécancour.

Mais grâce aux subventions et à une baisse des tarifs d'électricité cette compagnie est prête à un construire une nouvelle à un coût deux fois plus cher la tonne de production.