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Arthur Porter se dit victime de diffamation

Éric Thibault

De sa cellule de prison au Panama, Arthur Porter tire à boulets rouges sur la commission Charbonneau et se dit victime de diffamation.

Un enquêteur de l'escouade Marteau a associé l'ex-patron du CUSM à «la plus grande fraude de corruption de l'histoire du Canada», la semaine dernière, devant la commission Charbonneau.

«Tout ce que je peux dire là-dessus, c'est qu'il s'agit probablement d'une des déclarations les plus diffamatoires que je n'ai jamais entendues», a dit le médecin à son biographe, Jeff Todd, qui lui a parlé au téléphone vendredi et qui a publié l'entrevue sur son blogue, lundi.

«Je n'ai pas encore subi mon procès, ni été jugé, à moins que cette étape judiciaire soit maintenant devenue superflue! Je n'ai été mêlé à aucune fraude», a-t-il ajouté.

Le Dr Porter est toujours en attente de son extradition au Québec pour faire face à des accusations de fraude, blanchiment d'argent, recyclage des produits de la criminalité et complot dans le scandale des pots-de-vin de 22,5 millions $ que lui et un collègue ont présumément acceptés d'ex-dirigeants de la firme SNC-Lavalin pour la construction du Centre universitaire de santé McGill. Arthur Porter déclare même qu'il va «gagner» cet éventuel procès.

Une «risée»

Détenu au pénitencier La Joya avec 4000 prisonniers, Porter affirme qu'il n'en revient pas de tout ce qu'il a récemment entendu à son sujet dans le cadre des travaux de la commission Charbonneau.

«Quoiqu'à ce stade-ci, je ne devrais pas vraiment en être surpris, a-t-il avancé. Ces témoignages à la commission contribuent assurément à faire des procédures judiciaires futures (pour les accusés) une vraie risée.»

«On y entend seulement un côté de la médaille. Des témoignages accablants y sont livrés et aucun effort n'est fait pour tester la validité de cette supposée preuve. Les témoins ont été soigneusement sélectionnés.»

Arthur Porter a ajouté que le processus d'appel d'offres du super hôpital de 1,3 milliard $ a été «juste» et mené dans les règles, le tout ayant été «supervisé» par un délégué du gouvernement.

Sa Bentley et ses dépenses

Il a aussi ironisé à propos des récents reportages détaillant son salaire au CUSM (282 000$ en 2011, selon le journal The Gazette), ses allocations de dépenses (62 400$ en 2010-2011) et la rutilante voiture de marque Bentley que son ex-employeur lui a payée.

«Je trouve assez incroyable que cela puisse alimenter les nouvelles. Tout cela avait été négocié et approuvé par les conseils d'administration (du CUSM). Ces conditions ne sont pas inhabituelles pour un directeur général à la tête d'un tel établissement de santé», s'est-il justifié.

État de santé «incertain»

Concernant son état de santé, le prisonnier de 57 ans n'a fait aucune mise à jour sur son combat contre le cancer - dont il a fait l'autodiagnostic en janvier 2013. Le cancer en serait au «stade 4», soit en phase terminale, et se serait propagé à son foie, ainsi qu'aux os de son pelvis. Il s'est contenté de mentionner que sa condition était «incertaine».

En mars dernier, Porter avait vainement réclamé que la prison le transfère dans un hôpital pour qu'il subisse ses traitements.

Il s'était aussi immiscé dans la dernière campagne électorale en soutenant que son «bon ami», Philippe Couillard, ferait «un excellent» premier ministre.

La biographie d'Arthur Porter, intitulée The Man Behind the Bowtie (L'homme derrière le noeud papillon), doit paraître en septembre prochain.