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Le dossier du VG de Montréal refilé à l'UPAC

TVA Nouvelles

L'UPAC et l'inspecteur général de la Ville de Montréal, Me Denis Gallant, se pencheront sur les révélations troublantes du vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, qui a des indices démontrant l'existence possible de collusion dans les secteurs du déneigement et de la collecte de déchets et de matières recyclables.

Cette information a été confirmée ce matin à l'hôtel de ville alors que le vérificateur général présentait son rapport annuel aux élus.

Dans ce rapport, déposé hier, le vérificateur général évoque une possible collusion dans le secteur de la collecte des déchets.

«Il y a des indices de collusion qui sont nombreux et ils convergent tous vers une même conclusion: qu'une poignée d'entrepreneurs obtiennent pratiquement tous les contrats», a déclaré le vérificateur, M. Bergeron.

Cette situation ferait en sorte que les contribuables montréalais n'obtiennent pas les meilleurs prix pour les services demandés, d'après le vérificateur général.

(Agence QMI) Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desrochers et le directeur général, Alain Marcoux

La situation est similaire dans la gestion des ordures sur le territoire montréalais. Le vérificateur soulève un «truquage potentiel des offres» des entrepreneurs oeuvrant dans le domaine.

Montréal prête à revoir ses façons de faire

L'administration Coderre a reconnu qu'elle doit apporter d'importants changements dans ses opérations.

Se disant «interpelé», le président du comité exécutif de la Ville, Pierre Desrochers, a indiqué qu'il mettra «rapidement» en place les recommandations proposées dans le rapport.

Situation préoccupante

Selon lui, les quatre mêmes entreprises ont obtenu l'ensemble des contrats pour la collecte des déchets dans neuf arrondissements, et ce, depuis 2005. En ce qui a trait au déneigement, trois entreprises ont obtenu tous les contrats dans trois arrondissements durant la même période.

Estimant que cette situation «peut paraître préoccupante», M. Desrochers indique avoir transféré le dossier à l'inspecteur général de la Ville, Me Denis Gallant, qui fera la lumière sur les allégations de collusion.

Vers une stratégie d'ensemble

Un des problèmes soulevés par le rapport est l'absence de comparaison entre les arrondissements, qui peut provoquer d'importants écarts de prix dans les contrats de déneigement et de collecte des matières résiduelles.

Dans certains cas, le vérificateur note un écart dépassant les 200% entre les deux plus bas soumissionnaires, une situation que le président du comité exécutif s'est engagé à corriger.

«Il est clair qu'on a besoin de travailler plus ensemble au niveau des arrondissements pour mettre en commun l'information. On ne peut pas continuer à travailler en isolation, je pense qu'il faut trouver des façons de travailler ensemble», a déclaré M. Desrochers.

Partageant également cet avis, le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, estime pour sa part qu'une stratégie globale liée à la gestion du déneigement et de la collecte de déchets pourrait permettre de réaliser d'importantes économies et de diminuer les chances de collusion ou de corruption.