/regional/saguenay

De plus en plus de jeunes femmes célibataires veulent un enfant

TVA Nouvelles

Les jeunes femmes célibataires devraient-elle avoir le même accès que les couples infertiles au programme québécois de procréation assistée?

C'est la question que soulève un gynécologue de Saguenay, qui critique le manque d'encadrement du programme. Chef du département d'obstétrique de l'hôpital de Chicoutimi, le docteur Fabien Simard voudrait que le gouvernement établisse des critères plus précis.

Depuis la gratuité de la procréation assistée, de plus en plus de femmes célibataires, et de plus en plus jeunes, se tournent vers les cliniques de fertilité pour avoir un enfant. Ce type de patientes provoque un malaise chez certains spécialistes.

«Aller en procédure in vitro pour une jeune fille de 23, 24, 25 ans, c'est difficile pour nous. On ne veut pas discriminer, mais on est pris pour discriminer parce qu'on essaie le plus possible de rendre service aux patients», affirme le Dr Simard.

Le Dr Fabien Simard ( capture d'écran, TVA Nouvelles)

Le gynécologue voit souvent défiler des patientes au début de la vingtaine qui viennent de vivre un échec amoureux. «On a toujours peur de ne pas être capable de se reproduire un jour. Quand on a perdu notre chum, ça fait deux ans, on a l'impression qu'on ne rencontrera pas à nouveau, mais c'est faux», ajoute le gynécologue.

Cette situation soulève des questions surtout dans un contexte où le gouvernement songerait à revoir le financement de son programme, qui coûte quelque 70 millions de dollars annuellement.

Le Dr Simard estime que ce n'est pas à lui de juger, mais il voudrait que Québec établisse des balises plus claires. Actuellement, par la force des choses, chaque clinique aurait un peu fait ses propres règles.

Depuis l'implantation de la gratuité, le nombre de visites a doublé à la clinique de fertilité de Chicoutimi, passant de 514 en 2008-2009 à 1078 en 2013-2014. Près de 40 % des femmes qui ont consulté l'année dernière étaient âgées de moins de 29 ans. Dans la région, en 2013-2014, 105 grossesses ont été mises à terme grâce à la procréation assistée.