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La mémoire de six cadets de Valcartier honorée

TVA Nouvelles

À Valcartier, on a honoré la mémoire de six cadets des Forces armées, morts dans une explosion il y a 40 ans aujourd'hui.

Le 30 juillet 1974, étaient environ 130 cadets de la compagnie D, avec des officiers et sous-officiers de l'Armée, regroupés dans un baraquement pour un cours sur le maniement sécuritaire des explosifs. À travers un lot de grenades d'entraînement inoffensives, une vraie grenade.

Un groupe de cadets du la compagnie D (Photo: courtoisie. Infographie: TVA Nouvelles)

Sans le savoir, un des cadets l'a prise  et l'a dégoupillée. Elle a explosé, faisant six victimes : Yves Langlois, Érik Lloyd, Pierre Leroux, Mario Provencher, Othan Mangos et Michel Voisard.

Un choc

Une cinquantaine d'autres cadets ont été blessés plus ou moins gravement. Parmi les blessés, Gilles Blanchet, qui a reçu des éclats de grenade au dos et à un coude, en plus d'avoir les tympans crevés.

«Moi, j'ai vu des gens qui passaient comme si j'étais dans un rêve. (...) Tout était comme au ralenti. Tout le monde faisait quelque chose, autour, mais on aurait dit que tout le monde faisait tranquillement.»
«C'est une journée qui a été très marquante pour nous autres. Quand je suis sorti du baraquement, j'ai vu des corps qui étaient par terre. J'ai vu des choses qu'un jeune homme n'est pas supposé voir.»
«On avait des jeunes de 14, 15, 16 ans. Après l'explosion, on est tous devenus des personnes adultes. On a été bouleversés avec cette affaire-là.»

Également bouleversé, le sergent à la retraite Charles Gutta, qui était alors adjudant-maître de la compagnie D.

«Encore aujourd'hui, 40 ans plus tard, ça commence vers le 15 juillet : les journées sont longues et les nuits sont courtes. Et la nuit dernière a été très courte. Je me suis couché à 2 h et le me suis réveillé à 5 h. L'adrénaline me fait aller.»

Bouleversés, et pas traités avec la considération qu'ils méritaient croient plusieurs personnes. Aucune compensation à l'époque : peu après le drame, des représentants des Forces armées sont passés chez les parents de Gilles Blanchet pour leur faire signer une décharge mettant l'Armée à l'abri de toute poursuite.

(TVA Nouvelles)

Aujourd'hui, à la base de Valcartier, on a donc dévoilé un monument à la mémoire de neuf cadets qui ont perdu la vie, dont les six victimes de l'explosion de 1974. Une lueur au bout du tunnel qui s'ajoute à celle de l'annonce en mai dernier d'une enquête de l'ombudsman des Forces armées sur la tragédie.

Une bonne nouvelle pour Gilles Blanchet, qui estime que trop de questions demeurent toujours sans réponse.

«On veut savoir, premièrement, qui est responsable de cette affaire-là et demander au gouvernement pourquoi on n'est pas considérés comme des militaires qui ont été blessés.»

Des compensations?

Pour sa part, le sergent Gutta espère que le ou les responsables de la tragédie seront enfin identifiés et punis.

«Il y a eu un manque d'administration à la soute des munitions, Il y a quelqu'un qui n'a pas fait sa job. S'il avait fait sa job comme il était supposé la faire, il n'y aurait pas eu d'accident.»

Des représentants des cadets blessés lors de l'explosion du 30 juillet 1974 réclament maintenant une aide financière pour soigner les séquelles et handicaps physiques consécutifs à la tragédie. Et aussi pour soigner les séquelles psychologiques ajoute le sergent Gutta, qui estime qu'une quarantaine d'anciens cadets, outre les blessés, souffrent depuis de stress post-traumatique.