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Tragédie de Lac-Mégantic

L'avocat de Tom Harding dévoile des extraits de conversations

TVA Nouvelles

Incrédule, sous le choc, Tom Harding était abasourdi lorsqu'il a appris, la nuit du 6 juillet 2013, que c'est le train dont il avait la charge qui a embrasé le centre-ville de Lac-Mégantic.

Des extraits de conversation entre Tom Harding et un répartiteur de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) ont été dévoilés vendredi par son avocat. Celui qui assure sa défense y voit un indice de sa bonne foi et de son honnêteté.

Thomas Walsh veut que la population sache dans quel état d'esprit se trouvait son client au moment de la tragédie, et, du même coup, nuancer le rôle qu'il a pu jouer dans la chaîne d'événements. «Est-ce que mon client était surpris? Je pense que oui. Était-il en mesure de prévoir que pareil événement allait se produire? Je pense que non!»

L'étonnement de l'ingénieur de train est évident quand un répartiteur lui annonce que c'est son train qui brûle dans le centre-ville:
RJ (répartiteur) : «C'est ton train qui a fait ça...
Harding : - Non!
RJ : - Oui, Tom.
Harding : - Merde!
RJ : - Ouais...
Harding : ­­- Ha, tabarnac de tabarnac. Il était sécurisé pourtant quand j'ai quitté!»

70 minutes avant que le train ne s'emballe, on l'informe de l'incendie dans la locomotive de tête, une locomotive qui, de son propre aveu, laissait échapper beaucoup de fumée quand il l'a immobilisée à Nantes.
Harding : «Veux-tu que je retourne à Nantes?
RJ : - Non, retourne te coucher. Il n'y a rien à faire. Nous ne redémarrerons pas les moteurs pour le moment.»

Même si le répartiteur lui dit de ne pas se déplacer, n'aurait-il pas dû s'y rendre par crainte que le fait d'avoir coupé les moteurs entraînerait une baisse de pression des freins pneumatiques? Rien n'est aussi clair ajoute son avocat: «Ce n'est pas évident dans la conversation si l'engin est éteint et comment pouvait-il le présumer?»

Dans les instants où il réalise que c'est sont train, il répète l'avoir pourtant sécurisé avant de l'abandonner sur la voie principale en y appliquant sept freins à mains.
Harding : «Comment le train a pu se mettre à rouler?
RJ : - Je ne sais pas. Combien de freins as-tu engagés?
Harding : - En incluant les unités de locomotive et les premiers wagons, sept en tout.»

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada dit pourtant que 17 auraient été nécessaires dans ce cas-ci : «Il a toujours fonctionné de cette façon à cet endroit. C'était dans la mentalité de l'entreprise et il ne faut pas oublier qu'il était seul employé à bord, souligne Me Walsh. Est-ce que cela démontre ou prouve de l'insouciance démesurée de sa part? Je n'en suis pas vraiment certain.»

Une phrase incomplète soulève un questionnement quand, en état de choc, Harding déclare: «Ce n'était qu'une question de... peu importe!!!»

Voulait-t-il dire par là, question de temps avant que ça se produise? «Honnêtement, je ne peux pas répondre à sa place et j'ignore la réponse qu'il donnerait.»

Ces extraits ne sont qu'une partie de la preuve qui sera présentée au procès.

En bout de ligne, ce sera au jury de déterminer si Tom Harding a été insouciant au point de le tenir criminellement responsable de ce qui s'est passé.

Tom Harding et deux autres employés de la MMA, Jean Demaître et Richard Labrie, seront de retour en cour le 4 septembre pour la suite des procédures judiciaires. Ils sont accusés de 47 chefs de négligence criminelle causant la mort.


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