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Louis Cyr ouvre le Festival du film canadien de Dieppe

Fabien Boileau

Le long métrage Louis Cyr : l'homme le plus fort du monde a été projeté mercredi soir lors de la cérémonie d'ouverture de la seconde édition du Festival du film canadien de Dieppe en présence de son réalisateur Daniel Roby et d'Antoine Bertrand.

Plus d'un an après sa sortie en salle au Québec, et quelques mois après la pluie de récompenses lors de la 16e soirée des Jutra, le dernier long métrage de Daniel Roby a fait la rencontre des festivaliers dieppois mercredi soir.

«Louis Cyr revient constamment dans ma vie, a confié Antoine Bertrand à l'Agence QMI.

Le film est sorti il y a un an et demi, puis il y a eu la réouverture de son musée à Saint-Jean-de-Matha. Je pensais boucler la boucle après ça, mais il est revenu avec Dieppe.»

Pas question pour autant de sombrer dans la lassitude. Même si le film est présenté hors compétition, Antoine Bertrand ne rechigne pas lorsqu'il s'agit de soutenir son personnage phare.

«Quand on me le demande gentiment, je suis assez docile, a souligné l'acteur. Je vais longtemps rester associé à ce film, et c'est une fierté, on ne peut pas être amer d'être assimilé à un tel personnage. C'est une façon de prolonger le plaisir.»

Malgré ses 473 000 entrées en salle au Québec l'an passé, ses plus de 4 millions $ générés au box-office et ses neuf prix à la dernière cérémonie des Jutra (dont celui du meilleur film et du meilleur acteur), Louis Cyr : l'homme le plus fort du monde ne semble pas attirer le marché français.

«Nous n'avions aucune prétention internationale en le réalisant, c'était un film pour nous, car c'est un héros canadien-français comme il y en a peu. Nous voulions lui donner une poussée dans le nouveau millénaire.»

Aussi légendaire au Québec qu'illustre inconnu en France, Cyprien-Noé Cyr possède pourtant toutes les qualités pour séduire le public hexagonal.

«C'est une histoire qui ne laisse personne indifférent, donc c'est toujours intéressant d'en être témoin, surtout face à des gens qui ne le connaissent pas, a expliqué Antoine Bertrand. En France, l'angle intéressant du personnage est son analphabétisme. Les Français sont un peuple de lettres, ils ont tous les mots pour s'exprimer alors que cet homme a eu une vie extraordinaire sans savoir ni lire ni écrire. Cela prouve que la force n'est pas juste dans les bras, et l'intelligence pas uniquement dans les verbes.»

Un acteur complet

Avec Louis Cyr : l'homme le plus fort du monde, Antoine Bertrand a trouvé la profondeur qu'il recherchait dans un rôle au cinéma. Mais du rire aux larmes, il n'y a qu'un pas. Et inversement.

«Je suis toujours à cheval entre la niaiserie et la profondeur, et c'est juste là que je veux être», a déclaré celui qui incarne un employé de garderie aux côtés de Michel Côté et Robin Aubert dans Les maîtres du suspense, le prochain opus de Stéphane Lapointe.

«Dans ce film, je suis complètement aux antipodes. Mon personnage est à la fin de sa trentaine, il est vierge, habite avec sa mère, à la sexualité d'un enfant de 5 ans, et aucune vie sociale, a-t-il dit. Je me trouve chanceux de pouvoir proposer des choses différentes.»

En attendant la sortie du film le 17 décembre prochain, Antoine Bertrand se concentre sur SNL Québec dont il animera la prochaine saison.

«J'ai vraiment hâte (...) même si j'appréhende le monologue d'ouverture, a-t-il commenté. J'ai planché sur des idées de sketches pour ne pas arriver les mains vides à la première réunion. Chris Farley et John Belushi font partie de mes idoles, j'ai donc aussi demandé aux auteurs de SNL d'aller fouiller dans leur répertoire pour reprendre des numéros.»

Deuxième édition

Pour sa deuxième édition, le Festival du film canadien de Dieppe revient avec une sélection officielle de huit longs métrages, dont L'autre maison (Mathieu Roy), Miraculum (Daniel Grou), Que ta joie demeure (Denis Côté), Tu dors Nicole (Stéphane Lafleur) et Une jeune fille (Catherine Martin).

Cette année, le jury est présidé par l'actrice Caroline Dhavernas (L'Île de sable, De père en flic), secondée dans sa tâche par Monia Chokri (Les amours imaginaires, Laurence Anyways), Corinne Masiero (Louise Wimmer, De rouille et d'os), l'auteur Jean-Emmanuel Deluxe et le compositeur césarisé Martin Wheeler.

L'an passé, c'est le film Les Manèges humains de Martin Laroche qui a remporté le grand prix du jury.